JOCELYN (8 août 1801)
. . . . . .
« L’aigle de la montagne un jour dit au soleil :
« Pourquoi luire plus bas que ce sommet vermeil ?
« A quoi sert d’éclairer ces prés, ces gorges sombres,
« De salir tes rayons sur l’herbe dans ces ombres ?
« La mousse imperceptible est indigne de toi !…
« — Oiseau, dit le soleil, viens et monte avec moi !… »
L’aigle, avec le rayon s’élevant dans la nue,
Vit la montagne fondre et baisser à sa vue ;
Et, quand il eut atteint son horizon nouveau,
A son œil confondu tout parut de niveau.
« Eh bien ! dit le soleil, tu vois, oiseau superbe,
« Si pour moi la montagne est plus haute que l’herbe ?
« Rien n’est grand ni petit devant mes yeux géants :
« La goutte d’eau me peint comme les océans ;
« De tout ce qui me voit je suis l’astre et la vie ;
« Comme le cèdre altier l’herbe me glorifie ;
« J’y chauffe la fourmi, des nuits j’y bois les pleurs,
« Mon rayon s’y parfume en traînant sur les fleurs ! »
« L’aigle de la montagne un jour dit au soleil :
« Pourquoi luire plus bas que ce sommet vermeil ?
« A quoi sert d’éclairer ces prés, ces gorges sombres,
« De salir tes rayons sur l’herbe dans ces ombres ?
« La mousse imperceptible est indigne de toi !…
« — Oiseau, dit le soleil, viens et monte avec moi !… »
L’aigle, avec le rayon s’élevant dans la nue,
Vit la montagne fondre et baisser à sa vue ;
Et, quand il eut atteint son horizon nouveau,
A son œil confondu tout parut de niveau.
« Eh bien ! dit le soleil, tu vois, oiseau superbe,
« Si pour moi la montagne est plus haute que l’herbe ?
« Rien n’est grand ni petit devant mes yeux géants :
« La goutte d’eau me peint comme les océans ;
« De tout ce qui me voit je suis l’astre et la vie ;
« Comme le cèdre altier l’herbe me glorifie ;
« J’y chauffe la fourmi, des nuits j’y bois les pleurs,
« Mon rayon s’y parfume en traînant sur les fleurs ! »