Pleure comme si la rivière était entrée en toi
Pleure comme si la rivière était entrée en toi
disent les gens de l’eau
Et laisse ta voix derrière toi pour mieux t’écouter par temps de pluie
les gens de l’eau ont leurs codes pris au premier saule
ils parlent la bouche remplie d’abeilles
le caillou blanc sur la langue signe la paix
les gens de l’eau dans leur vieille vieillesse
se laissent escalader par les jeunes pousses
le chemin partira sans eux
leur feu grandira seul
assis sur la cendre des braises
les vieux de vieillesse soufflent sur les nuages étrangers
ceux qui retombent sur leurs pieds appelés brouillard bienveillant
Un sac de rires pour le garçon qui porte une coccinelle sur l’épaule
une calebasse à quatre nœuds pour celle qui arrache un ruisseau à la terre pour laver le sang menstruel du grenadier
les femmes des gens de l’eau dessinent leur visage de nuit avec la suie de leur marmite
trèfle à quatre feuilles leur empreinte sur les reins de l’homme qui dort à plat ventre sur sa fatigue
Un lance-pierre en jonc pour l’enfant né entre chien et loup
une herbe rouge sur la paume de la fille pubère
sa mère lui apprendra à épiler les arbres femelles et plumer la volaille vivante
y a-t-il d’autres mères de l’autre côté de l’horizon se demandent les mères à chaque crépuscule
essorent-elles leurs murs après la pluie
leur feu transi fait-il bouillir leur marmite
Peau de zébu et linge humide sèchent côte à côte
sera pendu à la corde de sa mère celui qui a percé la fille verte et l’écorce du jeune bouleau
un chevreau de l’année pour l’homme qui a enjambé la colline sans faire sursauter les cailloux
dépecé à mains nues
ses os nourriront ceux qui mangent avec leurs orteils
front entre les genoux
ainsi
Les femmes des gens de l’eau donnent à manger dans leur main au tigre
mais chassent à coups de bâton la fourmi sous l’oreiller
les nuages qui pleurent par beau temps est leur ombre inversée
leur noir arc-en-ciel
c’est lui qui marie la huppe avec le lézard
l’ange avec la mésange
lui qui s’affale sur leur seuil au coup de feu du chasseur
avec un accroc au cœur
disent les gens de l’eau
Et laisse ta voix derrière toi pour mieux t’écouter par temps de pluie
les gens de l’eau ont leurs codes pris au premier saule
ils parlent la bouche remplie d’abeilles
le caillou blanc sur la langue signe la paix
les gens de l’eau dans leur vieille vieillesse
se laissent escalader par les jeunes pousses
le chemin partira sans eux
leur feu grandira seul
assis sur la cendre des braises
les vieux de vieillesse soufflent sur les nuages étrangers
ceux qui retombent sur leurs pieds appelés brouillard bienveillant
Un sac de rires pour le garçon qui porte une coccinelle sur l’épaule
une calebasse à quatre nœuds pour celle qui arrache un ruisseau à la terre pour laver le sang menstruel du grenadier
les femmes des gens de l’eau dessinent leur visage de nuit avec la suie de leur marmite
trèfle à quatre feuilles leur empreinte sur les reins de l’homme qui dort à plat ventre sur sa fatigue
Un lance-pierre en jonc pour l’enfant né entre chien et loup
une herbe rouge sur la paume de la fille pubère
sa mère lui apprendra à épiler les arbres femelles et plumer la volaille vivante
y a-t-il d’autres mères de l’autre côté de l’horizon se demandent les mères à chaque crépuscule
essorent-elles leurs murs après la pluie
leur feu transi fait-il bouillir leur marmite
Peau de zébu et linge humide sèchent côte à côte
sera pendu à la corde de sa mère celui qui a percé la fille verte et l’écorce du jeune bouleau
un chevreau de l’année pour l’homme qui a enjambé la colline sans faire sursauter les cailloux
dépecé à mains nues
ses os nourriront ceux qui mangent avec leurs orteils
front entre les genoux
ainsi
Les femmes des gens de l’eau donnent à manger dans leur main au tigre
mais chassent à coups de bâton la fourmi sous l’oreiller
les nuages qui pleurent par beau temps est leur ombre inversée
leur noir arc-en-ciel
c’est lui qui marie la huppe avec le lézard
l’ange avec la mésange
lui qui s’affale sur leur seuil au coup de feu du chasseur
avec un accroc au cœur