L’autre lenteur du monde
[…]
Ceux à qui manque le poème
le ciel du dessous
comment s’y prennent-ils avec ces choses
l’obscur et l’impérissable
et quel usage font-ils
des nuits qui tombent de l’épaule
après l’amour ?
Dans le danger des jours
hommes dispersés effarés
butant au cercle du vacarme
comme un loup dévoré par son ombre
ils nient
ils rongent
ils tranchent
ils ont un cœur inaccessible
leurs yeux ne voient que ce qu’ils croient
Pour nous qui ne trions pas
dans le fracas des cités
saisissant ensemble le décor
et le jeu amer des âmes
comme d’une fresque peinte
sur un mur obscur
il n’est pas de victoire
hors des jours périssables
car nous savons
que même un geste
brûlé par le vent
vaut parfois l’effort
et l’accident
pourtant
dans les sueurs du doute et de la révolte
dans la prompte fatigue
de lire sans comprendre
le cœur parfois s’alarme
d’une attente indécise
ainsi qu’il fait
lorsqu’à l’envers des nuits
nous reviennent un visage
et sa lèvre éblouie
c’est qu’on pressent
le corps noué aux métamorphoses
l’étincelle infiniment prolongée
du sens
ce qui fait que la mort
descend dans sa nuit
Ceux à qui manque le poème
le ciel du dessous
comment s’y prennent-ils avec ces choses
l’obscur et l’impérissable
et quel usage font-ils
des nuits qui tombent de l’épaule
après l’amour ?
Dans le danger des jours
hommes dispersés effarés
butant au cercle du vacarme
comme un loup dévoré par son ombre
ils nient
ils rongent
ils tranchent
ils ont un cœur inaccessible
leurs yeux ne voient que ce qu’ils croient
Pour nous qui ne trions pas
dans le fracas des cités
saisissant ensemble le décor
et le jeu amer des âmes
comme d’une fresque peinte
sur un mur obscur
il n’est pas de victoire
hors des jours périssables
car nous savons
que même un geste
brûlé par le vent
vaut parfois l’effort
et l’accident
pourtant
dans les sueurs du doute et de la révolte
dans la prompte fatigue
de lire sans comprendre
le cœur parfois s’alarme
d’une attente indécise
ainsi qu’il fait
lorsqu’à l’envers des nuits
nous reviennent un visage
et sa lèvre éblouie
c’est qu’on pressent
le corps noué aux métamorphoses
l’étincelle infiniment prolongée
du sens
ce qui fait que la mort
descend dans sa nuit