Barcarolle
I
Dans le golfe aux flots bleus se mirent les étoiles.
Le vent, qui souffle auprès des citronniers en fleurs,
Nous apporte, en faisant trembler nos blanches voiles,
Les barcarolles des pêcheurs.
J’aime les chants lointains de leur voix fugitive !
Ils passent, un moment, sur le vent qui s’enfuit,
Imprégnés des parfums de la plage plaintive,
Puis. ils s’éteignent dans la nuit.
Car elle vient, la nuit mélancolique et sombre,
Avec tout son silence et toutes ses beautés :
Le ciel s’est diapré de ses fleurs d’or sans nombre
Dont la mer baigne les clartés ;
Et l’écume d’argent des vagues solitaires
Ondule aux profondeurs de l’immense horizon,
Et berce notre esquif, dont les courbes légères
Semblent être d’un alcyon.
Ineffable moment d’extase et d’harmonie,
Où l’âme humaine espère une immortalité,
Où l’amour peut venir enfanter le génie
Dans un songe de volupté !
II
«Allons !.. chante, ô poète! avant que les années
Que le passé va prendre et qu’un Dieu t’a données,
Sous leur manteau funèbre aient glacé ton essor ;
Puisque de la douleur tes romances sont nées,
Puisque tu peux chanter encor!...
Mais, si tu-sens pleurer ton cœur sous ton sourire,
Oh! puissent se briser les cordes de ta lyre,
Et ton chant se mêler aux chants des matelots!..
— Souffre seul! — Et, tout bas si ton âme soupire,
Livre sa plainte aux bruits des flots !... »
III
Et pourtant nous avons, frères, dans cette vie,
D’indicibles instants pleins de mélancolie,
Où l’homme, consolé,
En contemplant les cieux dans leurs ombres splendides,
Leur jette avec amour, les paupières humides,
Un regard d’exilé !
Amis! rêvons alors, oh! rêvons en silence,
Le cœur demi-noyé d’amour et d’espérance !….
— Cela dure si peu!
Quand la réalité soulèvera son voile.
Eh bien !.. le songe ira là-bas, dans une étoile.
Et nous dirons : « Adieu! »
IV
Révons! les flots d’argent s’étendent, solitaires !
Leurs cimes vont briller au fond de l’horizon…
Et notre esquif, bercé par les vagues légères,
Flotte au loin, comme un alcyon.
Dans le golfe aux flots bleus se mirent les étoiles.
Le vent, qui souffle auprès des citronniers en fleurs,
Nous apporte, en faisant trembler nos blanches voiles,
Les barcarolles des pêcheurs.
J’aime les chants lointains de leur voix fugitive !
Ils passent, un moment, sur le vent qui s’enfuit,
Imprégnés des parfums de la plage plaintive,
Puis. ils s’éteignent dans la nuit.
Car elle vient, la nuit mélancolique et sombre,
Avec tout son silence et toutes ses beautés :
Le ciel s’est diapré de ses fleurs d’or sans nombre
Dont la mer baigne les clartés ;
Et l’écume d’argent des vagues solitaires
Ondule aux profondeurs de l’immense horizon,
Et berce notre esquif, dont les courbes légères
Semblent être d’un alcyon.
Ineffable moment d’extase et d’harmonie,
Où l’âme humaine espère une immortalité,
Où l’amour peut venir enfanter le génie
Dans un songe de volupté !
II
«Allons !.. chante, ô poète! avant que les années
Que le passé va prendre et qu’un Dieu t’a données,
Sous leur manteau funèbre aient glacé ton essor ;
Puisque de la douleur tes romances sont nées,
Puisque tu peux chanter encor!...
Mais, si tu-sens pleurer ton cœur sous ton sourire,
Oh! puissent se briser les cordes de ta lyre,
Et ton chant se mêler aux chants des matelots!..
— Souffre seul! — Et, tout bas si ton âme soupire,
Livre sa plainte aux bruits des flots !... »
III
Et pourtant nous avons, frères, dans cette vie,
D’indicibles instants pleins de mélancolie,
Où l’homme, consolé,
En contemplant les cieux dans leurs ombres splendides,
Leur jette avec amour, les paupières humides,
Un regard d’exilé !
Amis! rêvons alors, oh! rêvons en silence,
Le cœur demi-noyé d’amour et d’espérance !….
— Cela dure si peu!
Quand la réalité soulèvera son voile.
Eh bien !.. le songe ira là-bas, dans une étoile.
Et nous dirons : « Adieu! »
IV
Révons! les flots d’argent s’étendent, solitaires !
Leurs cimes vont briller au fond de l’horizon…
Et notre esquif, bercé par les vagues légères,
Flotte au loin, comme un alcyon.