Locutions des Pierrots
Les mares de vos yeux aux joncs de cils,
O vaillante oisive femme,
Quand donc me renverront-ils
La Lune-levante de ma belle âme?
Voilà tantôt une heure qu’en langueur
Mon cœur si simple s’abreuve
De vos vilaines rigueurs,
Avec le regard bon d’un terre-neuve.
Ah! madame, ce n’est vraiment pas bien,
Quand on n’est pas la Joconde,
D’en adopter le maintien
Pour induire en spleens tout bleus le pauv’ monde!
II
Ah! le divin attachement
Que je nourris pour Cydalise,
Maintenant qu’elle échappe aux prises
De mon lunaire entendement!
Vrai, je me ronge en des détresses,
Parmi les fleurs de son terroir
A seule fin de bien savoir
Quelle est sa faculté-maîtresse!
– C’est d’être la mienne, dis-tu?
Hélas! tu sais bien que j’oppose
Un démenti formel aux poses
Qui sentent par trop l’impromptu.
XII
Encore un livre; ô nostalgies
Loin de ces très-goujates gens,
Loin des saluts et des argents,
Loin de nos phraséologies!
Encore un de mes pierrots mort;
Mort d’un chronique orphelinisme;
C’était un coeur plein de dandysme
Lunaire, en un drôle de corps.
Les dieux s’en vont; plus que des hures;
Ah! ça devient tous les jours pis;
J’ai fait mon temps, je déguerpis
Vers l’Inclusive Sinécure!
XVI
Je ne suis qu’un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein
Que devenir un légendaire.
Retroussant d’un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J’arrondis ma bouche et – j’exhale
Des conseils doux de Crucifix.
Ah! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans!
Mais où sont les Lunes d’antan?
Et que Dieu n’est-il à refaire?
O vaillante oisive femme,
Quand donc me renverront-ils
La Lune-levante de ma belle âme?
Voilà tantôt une heure qu’en langueur
Mon cœur si simple s’abreuve
De vos vilaines rigueurs,
Avec le regard bon d’un terre-neuve.
Ah! madame, ce n’est vraiment pas bien,
Quand on n’est pas la Joconde,
D’en adopter le maintien
Pour induire en spleens tout bleus le pauv’ monde!
II
Ah! le divin attachement
Que je nourris pour Cydalise,
Maintenant qu’elle échappe aux prises
De mon lunaire entendement!
Vrai, je me ronge en des détresses,
Parmi les fleurs de son terroir
A seule fin de bien savoir
Quelle est sa faculté-maîtresse!
– C’est d’être la mienne, dis-tu?
Hélas! tu sais bien que j’oppose
Un démenti formel aux poses
Qui sentent par trop l’impromptu.
XII
Encore un livre; ô nostalgies
Loin de ces très-goujates gens,
Loin des saluts et des argents,
Loin de nos phraséologies!
Encore un de mes pierrots mort;
Mort d’un chronique orphelinisme;
C’était un coeur plein de dandysme
Lunaire, en un drôle de corps.
Les dieux s’en vont; plus que des hures;
Ah! ça devient tous les jours pis;
J’ai fait mon temps, je déguerpis
Vers l’Inclusive Sinécure!
XVI
Je ne suis qu’un viveur lunaire
Qui fait des ronds dans les bassins,
Et cela, sans autre dessein
Que devenir un légendaire.
Retroussant d’un air de défi
Mes manches de mandarin pâle,
J’arrondis ma bouche et – j’exhale
Des conseils doux de Crucifix.
Ah! oui, devenir légendaire,
Au seuil des siècles charlatans!
Mais où sont les Lunes d’antan?
Et que Dieu n’est-il à refaire?