Le manège d’aéroplanes
A la fête de Montmartre, au milieu de l’année 1906, Guillaume Apollinaire, Salmon, Jacques Vaillant, Julien Callé et moi, nous montâmes sur ce manège de monoplans dans le but de participer au progrès tout en restant attachés au sol par des traditions littéraires et par le pignon de ce manège.
Comme nous étions riches et naturellement bienveillants, nous jetâmes sur la foule qui criait « Noël » des cigares allumés, des épluchures de bananes, des oranges sucées et des billes de bil-
Une musique angélique nous entraînait dans son vertige et les monoplans tournaient comme les volants d’un jupon de dan-
Il fallut enfin descendre. Et c’est depuis ce jour que j’ai fait l’acquisition d’un râtelier, de deux béquilles en bois et d’une perruque discrète. A cette époque nous savions accumuler les souvenirs.
Comme nous étions riches et naturellement bienveillants, nous jetâmes sur la foule qui criait « Noël » des cigares allumés, des épluchures de bananes, des oranges sucées et des billes de bil-
Une musique angélique nous entraînait dans son vertige et les monoplans tournaient comme les volants d’un jupon de dan-
Il fallut enfin descendre. Et c’est depuis ce jour que j’ai fait l’acquisition d’un râtelier, de deux béquilles en bois et d’une perruque discrète. A cette époque nous savions accumuler les souvenirs.