Fatigue qui vient : lente et leste, avec ce beau pas d’éléphant
Fatigue qui vient : lente et leste, avec ce beau pas d’éléphant ;
Dorée au midi; matrone rousse
Des soirs : vierge lourde au matin quand mon rêve se fend
En deux univers comme une gousse !
La voici maîtresse incrustée en cet inexorable affront,
Solitaire, pénétrante et nue;
Dans mes cuisses et dans mon cœur et à ma gorge et à mon front
Jusqu’aux creux des sources inconnues.
Jusqu’aux replis invisités ; jusqu’en la moelle de mes reins.
Vampire elle me jouit et m’habite.
Soit-elle abondante et repue, — Ôô baume en mes vases murrhins.
Soit-elle hébergée et bénédite
Jusqu’à défaillir et mourir, pour Celui plus grand qui la suit,
(Non point le repos, non pas la nuit,
moins encor le sommeil toujours le même en sa trop quiétude)
Mais pour son vainqueur des lassitudes.
Dieu fier, dieu pur, parèdre mâle et le plus noble des amants
Fatigue, pour le surpassement.
Dorée au midi; matrone rousse
Des soirs : vierge lourde au matin quand mon rêve se fend
En deux univers comme une gousse !
La voici maîtresse incrustée en cet inexorable affront,
Solitaire, pénétrante et nue;
Dans mes cuisses et dans mon cœur et à ma gorge et à mon front
Jusqu’aux creux des sources inconnues.
Jusqu’aux replis invisités ; jusqu’en la moelle de mes reins.
Vampire elle me jouit et m’habite.
Soit-elle abondante et repue, — Ôô baume en mes vases murrhins.
Soit-elle hébergée et bénédite
Jusqu’à défaillir et mourir, pour Celui plus grand qui la suit,
(Non point le repos, non pas la nuit,
moins encor le sommeil toujours le même en sa trop quiétude)
Mais pour son vainqueur des lassitudes.
Dieu fier, dieu pur, parèdre mâle et le plus noble des amants
Fatigue, pour le surpassement.