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Poésies d’Humilis et vers inédits
Germain Nouveau
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Poésies d’Humilis et vers inédits

Pourrières

Un vieux clocher coiffé de fer sur la colline.
Des fenêtres sans cris, sous des toits sans oiseaux.
D’un barbaresque Azur la paix du Ciel s’incline.
Soleil dur! Mort de l’ombre! Et Silence des Eaux.

Marius! son fantôme à travers les roseaux,
Par la plaine! Un son lent de l’Horloge féline.
Quatre enfants sur la place où l’ormeau perd ses os,
Autour d’un Pauvre, étrange, avec sa mandoline.

Un banc de pierre chaud comme un pain dans le four,
Où trois Vieux, dans ce coin de la Gloire du Jour,
Sentent au rayon vif cuire leur vieillesse.

Babet revient du bois, tenant sa mule en laisse.
Noir, le Vicaire au loin voit, d’une ombre au ton bleu,
Le Village au soleil fumer vers le Bon Dieu.

Pourrières

Que triste tombe un soir de novembre !
La Bougie rayonne dans la chambre.

Je rêve, et mon cœur n’y est pour rien :
Vraiment, ah vraiment, ce n’est pas bien.

Ni joie autour de nous, ni souffrance ;
Sur le front pas l’aile d’une Espérance !

Suis-je mort ? je n’entends ni ne vois.
Nul écho de la plus charmante voix.

La flamme s’allonge, et tremblotte.
Dans la chambre un novembre triste flotte.

Qui donc crois-je entendre par instants ?
Dans la mer imaginaire que j’entends,

C’est, voyez-vous, mon âme esseulée
Qui, ce soir, - novembre gronde - est ensablée !
❦ Poésies d’Humilis et vers inédits · Germain Nouveau
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