Sonnet sur le mesme subject
Mortels, qui des mortels avez prins vostre vie,
Vie qui meurt encor dans le tombeau du Corps :
Vous qui rammoncelez vos thresors, des thresors
De ceux dont par la mort la vie fust ravie :
Vous qui voyant de morts leur mort entresuyvie,
N’avez point de maisons que les maisons des morts,
Et ne sentez pourtant de la mort un remors,
D’où vient qu’au souvenir son souvenir s’oublie ?
Est-ce que vostre vie adorant ses douceurs
Deteste des pensers de la mort les horreurs,
Et ne puisse envier une contraire vie ?
Mortels, chacun accuse, et j’excuse le tort
Qu’on forge en vostre oubly. Un oubly d’une mort
Vous monstre un souvenir d’une eternelle vie.
Vie qui meurt encor dans le tombeau du Corps :
Vous qui rammoncelez vos thresors, des thresors
De ceux dont par la mort la vie fust ravie :
Vous qui voyant de morts leur mort entresuyvie,
N’avez point de maisons que les maisons des morts,
Et ne sentez pourtant de la mort un remors,
D’où vient qu’au souvenir son souvenir s’oublie ?
Est-ce que vostre vie adorant ses douceurs
Deteste des pensers de la mort les horreurs,
Et ne puisse envier une contraire vie ?
Mortels, chacun accuse, et j’excuse le tort
Qu’on forge en vostre oubly. Un oubly d’une mort
Vous monstre un souvenir d’une eternelle vie.