Ode
Un fier démon qui me menace,
De son triste et funeste accent,
Contre mon amour innocent
Ne bruit que hayne et que disgrâce.
On m’a rapporté que tes yeux,
Dans leurs paupières languissantes,
N’avaient plus ces flammes puissantes
Qui blessoient les âmes des Dieux.
Nature est vraiement bien hardie
Et le sort bien faux et malin,
D’assubjectir le sang divin
A l’effort d’une maladie.
En détestant ses cruautés,
Quelque peur qui m’en divertisse,
Je crie contre l’injustice
Que le Ciel fait à tes beautés.
Depuis ce mal-heureux message
Qui m’a privé de tout repos,
La tristesse a mis dans mes os
Un tourment d’amour et de rage.
Malade au lict, d’où je ne sors,
Je songe que je vois la Parque,
Et que dans une mesme barque
Nous passons le fleuve des morts.
Si tu te deuils de mon absence,
C’est un supplice d’amitié
Qui mérite autant de pitié
Qu’elle a de peine et d’innocence.
Je mourray si tu meurs pour moi ;
Autrement je serois un traistre,
Car le destin ne m’a faict naistre
Que pour mourir avecques toi.
De son triste et funeste accent,
Contre mon amour innocent
Ne bruit que hayne et que disgrâce.
On m’a rapporté que tes yeux,
Dans leurs paupières languissantes,
N’avaient plus ces flammes puissantes
Qui blessoient les âmes des Dieux.
Nature est vraiement bien hardie
Et le sort bien faux et malin,
D’assubjectir le sang divin
A l’effort d’une maladie.
En détestant ses cruautés,
Quelque peur qui m’en divertisse,
Je crie contre l’injustice
Que le Ciel fait à tes beautés.
Depuis ce mal-heureux message
Qui m’a privé de tout repos,
La tristesse a mis dans mes os
Un tourment d’amour et de rage.
Malade au lict, d’où je ne sors,
Je songe que je vois la Parque,
Et que dans une mesme barque
Nous passons le fleuve des morts.
Si tu te deuils de mon absence,
C’est un supplice d’amitié
Qui mérite autant de pitié
Qu’elle a de peine et d’innocence.
Je mourray si tu meurs pour moi ;
Autrement je serois un traistre,
Car le destin ne m’a faict naistre
Que pour mourir avecques toi.