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Les Amours
Tristan L'Hermite
1638
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Les Amours

1638

La belle en deuil

Que vous avez d’appas, belle nuit animée !
Que vous nous apportez de merveille et d’amour.
Il faut bien confesser que vous êtes formée
Pour donner de l’envie et de la honte au jour.

La flamme éclate moins à travers la fumée
Que ne font vos beaux yeux sous un funeste atour,
Et de tous les mortels, en ce sacré séjour,
Comme un céleste objet vous êtes réclamée.

Mais ce n’est point ainsi que ces Divinités
Qui n’ont plus ni de vœux, ni de solennités
Et dont l’Autel glacé ne reçoit point de presse,

Car vous voyant si belle, on pense à votre abord
Que par quelque gageure où Vénus s’intéresse,
L’Amour s’est déguisé sous l’habit de la Mort.

Les agréables pensées

Mon plus secret conseil et mon cher entretien,
Pensées, chers confidents d’une amour si fidèle,
Tenez-moi compagnie et parlons d’Isabelle
Puisque aujourd’hui sa vue est mon souverain bien.

Représentez-la-moi, dites-moi s’il est rien
D’aimable, de charmant et de rare comme Elle :
Et s’il peut jamais naître une fille assez belle
Pour avoir un Empire aussi grand que le sien.

Un cœur se peut-il rendre à de plus belles choses ?
Ses yeux sont de Saphirs et sa bouche de Roses
De qui le vif éclat dure en toute saison.

Ô que ce réconfort flatte mes rêveries !
De voir comme les Cieux pour faire ma prison
Mirent des fleurs en œuvre avec des pierreries.
❦ Les Amours · Tristan L'Hermite · 1638
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