Le mal du pays
Je veux aller mourir aux lieux où je suis née :
Le tombeau d’Albertine est près de mon berceau,
Je veux aller trouver son ombre abandonnée ;
Je veux un même lit près du même ruisseau.
Je veux dormir. J’ai soif de sommeil, d’innocence,
D’amour ! d’un long silence écouté sans effroi,
De l’air pur qui soufflait au jour de ma naissance,
Doux pour l’enfant du pauvre et pour l’enfant du roi.
. . . . . .
D’où vient-on quand on frappe aux portes de la terre ?
Sans clarté dans la vie, où s’adressent nos pas ?
Inconnus aux mortels qui nous tendent les bras,
Pleurants, comme effrayés d’un sort involontaire.
Où va-t-on quand, lassé d’un chemin sans bonheur,
On tourne vers le ciel un regard chargé d’ombre ?
Quand on ferme sur nous l’autre porte, si sombre ?
Et qu’un ami n’a plus que nos traits dans son cœur ?
Ah ! quand je descendrai rapide, palpitante,
L’invisible sentier qu’on ne remonte pas,
Reconnaîtrai-je enfin la seule âme constante
Qui m’aimait imparfaite et me grondait si bas ?
. . . . . .
Viens encor, viens ! j’ai tant de choses à te dire !
Ce qu’on t’a fait souffrir, je le sais, j’ai souffert.
O ma plus que sœur, viens ! ce que je n’ose écrire,
Viens le voir palpiter dans mon cœur entr’ouvert !
Le tombeau d’Albertine est près de mon berceau,
Je veux aller trouver son ombre abandonnée ;
Je veux un même lit près du même ruisseau.
Je veux dormir. J’ai soif de sommeil, d’innocence,
D’amour ! d’un long silence écouté sans effroi,
De l’air pur qui soufflait au jour de ma naissance,
Doux pour l’enfant du pauvre et pour l’enfant du roi.
. . . . . .
D’où vient-on quand on frappe aux portes de la terre ?
Sans clarté dans la vie, où s’adressent nos pas ?
Inconnus aux mortels qui nous tendent les bras,
Pleurants, comme effrayés d’un sort involontaire.
Où va-t-on quand, lassé d’un chemin sans bonheur,
On tourne vers le ciel un regard chargé d’ombre ?
Quand on ferme sur nous l’autre porte, si sombre ?
Et qu’un ami n’a plus que nos traits dans son cœur ?
Ah ! quand je descendrai rapide, palpitante,
L’invisible sentier qu’on ne remonte pas,
Reconnaîtrai-je enfin la seule âme constante
Qui m’aimait imparfaite et me grondait si bas ?
. . . . . .
Viens encor, viens ! j’ai tant de choses à te dire !
Ce qu’on t’a fait souffrir, je le sais, j’ai souffert.
O ma plus que sœur, viens ! ce que je n’ose écrire,
Viens le voir palpiter dans mon cœur entr’ouvert !
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