Prélude
Tous les pays qui n’ont plus de légende
Seront condamnés a mourir de froid...
Loin dans l’Ame, les solitudes s’étendent
Sous le soleil mort de l’amour de soi.
A l’aube on voit monter dans la torpeur
Du marais, les bancs de brouillard immenses
Qu’emploient les poètes, par impuissance,
Pour donner le vague 4a l’âme et la peur.
Il faut les respirer quand ils s’élèvent
Et jouir de ce frisson inconnu
Que l’on découvre a peine dans les rêves,
Dans les paradis parfois entrevus ;
Les médiocres seuls, les domestiqués
Ne pourront comprendre son amertume :
Ils n’entendent pas, perdu dans la brume,
Le cri farouche des oiseaux traqués.
C’était le pays des anges sauvages,
Ceux qui n’avaient pu se nourrir d’amour ;
Comme toutes les bêtes de passage,
Ils suivaient les vents qui changeaient toujours ;
Ils montaient parfois dans les cœurs élus,
Abandonnant la fadeur de la terre,
Mais ils sentaient battre dans leurs artères
Le regret des cieux qu’ils ne verraient plus!
Seront condamnés a mourir de froid...
Loin dans l’Ame, les solitudes s’étendent
Sous le soleil mort de l’amour de soi.
A l’aube on voit monter dans la torpeur
Du marais, les bancs de brouillard immenses
Qu’emploient les poètes, par impuissance,
Pour donner le vague 4a l’âme et la peur.
Il faut les respirer quand ils s’élèvent
Et jouir de ce frisson inconnu
Que l’on découvre a peine dans les rêves,
Dans les paradis parfois entrevus ;
Les médiocres seuls, les domestiqués
Ne pourront comprendre son amertume :
Ils n’entendent pas, perdu dans la brume,
Le cri farouche des oiseaux traqués.
C’était le pays des anges sauvages,
Ceux qui n’avaient pu se nourrir d’amour ;
Comme toutes les bêtes de passage,
Ils suivaient les vents qui changeaient toujours ;
Ils montaient parfois dans les cœurs élus,
Abandonnant la fadeur de la terre,
Mais ils sentaient battre dans leurs artères
Le regret des cieux qu’ils ne verraient plus!
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