Que vous m’allez tourmentant
De m’estimer infidèle !
Non, vous n’êtes point plus belle
Que je suis ferme et constant.

Pour bien voir quelle est ma foi,
Regardez-moi dans votre âme :
C’est comme j’en fais, Madame ;
Dans la mienne je vous vois.

Si vous pensez me changer,
Ce miroir me le rapporte ;
Voyez donc, de même sorte,
En vous, si je suis léger.

Pour vous, sans plus, je fus né,
Mon cœur n’en peut aimer d’autre :
Las ! si je ne suis plus vôtre,
À qui m’avez-vous donné ?
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