Mon corps sur le fauteuil...

Mon corps sur le fauteuil est un bourg au soleil
Qui s’incline selon la pente et la colline ;
L’heure y sonne ; la rue est faite d’enfants blonds ;
Des femmes, a leur seuil, sourient d’étre vivantes.

Avant de galoper mes instants se relayent ;
Je ne sais pas si quelqu’un meurt dans ma poitrine
Ou la lumière envoie un vol de petits plombs
Qui déchirent a peine assez pour qu’on les sente.

Mon sang n’a pas de fin ni de commencement.

La, c’est mon corps ; puis Ja table ; puis les murailles.
Je suis moi vaguement ; mes yeux et mes oreilles
Ne reconnaissent pas l’univers et s’embrouillent.
Je suis moi par-dessus quelque chose d’opaque.
Ce qui pense dans moi ressemble au chevrier
Qui est sur les plateaux un matin de printemps ;
La brume emplit tous les vallons jusqu’a ses pieds
Tandis que le soleil lui dilaté les tempes.
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