Cher chameau

Cher chameau
T’arrive t’il de baisser la tête. Dans quel sommeil te reposes-tu.
En face des nôtres, tes yeux calmes semblent nous donner des réponses
aux questions que l’on ne te pose pas. Tu blatères, pendant qu’on déblatère
au sujet de tes deux bosses. Pourrais-tu te sauver, te révolter, la violence t’effraie-t-elle
tant, que tu ne t’opposes pas aux boucans de nos cirques.
Toi aussi comme l’âne, tu marches, tu portes, on dirait que tu tangues,
mais avec le pied sûr. Sans turban sur la tête sous le soleil-couvercle, tes pas silencieux, simples,
nonchalants, le sable te va bien, couleur et grain.
En te voyant, je me souviens de ne pas céder à mes affolements.
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