Guadalupe de Alcaraz
Guadalupe de Alcaraz a des mitaines d’or,
des fleurs de grenadier suspendues aux oreilles
et deux accroche-cœur pareils à deux énormes
cédilles plaqués sur son front lisse de vierge.
Ses yeux sont dilatés comme par quelque drogue
(on dit qu’on employait jadis la belladone) ;
ils sont passionnés, étonnés et curieux,
et leurs prunelles noires roulent dans du blanc-bleu.
Le nez est courbe et court comme le bec des cailles.
Elle est dure, dorée, ronde comme une grenade.
Elle s’appelle aussi Rosita-Maria,
mais elle appelle sa duègne : carogna !
Toute la journée elle mange du chocolat,
ou bien elle se dispute avec sa perruche
dans un jardin de la Vallée d’Alméria
plein de ciboules bleues, de poivriers et de ruches.
Lorsque Guadalupe qui a dix-sept ans
en aura quatre-vingts, elle s’en ira souvent
des fleurs de grenadier suspendues aux oreilles
et deux accroche-cœur pareils à deux énormes
cédilles plaqués sur son front lisse de vierge.
Ses yeux sont dilatés comme par quelque drogue
(on dit qu’on employait jadis la belladone) ;
ils sont passionnés, étonnés et curieux,
et leurs prunelles noires roulent dans du blanc-bleu.
Le nez est courbe et court comme le bec des cailles.
Elle est dure, dorée, ronde comme une grenade.
Elle s’appelle aussi Rosita-Maria,
mais elle appelle sa duègne : carogna !
Toute la journée elle mange du chocolat,
ou bien elle se dispute avec sa perruche
dans un jardin de la Vallée d’Alméria
plein de ciboules bleues, de poivriers et de ruches.
Lorsque Guadalupe qui a dix-sept ans
en aura quatre-vingts, elle s’en ira souvent
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