Les Amours de Psyché et de Cupidon

A pas tremblants et suspendus,
Elle arrive enfin où repose
Son époux aux bras étendus,
Époux plus beau qu’aucune chose.
C’était aussi l’Amour : son teint, par sa fraîcheur,
Par son éclat, par sa blancheur,
Rendait le lis jaloux, faisait honte à la rose.
Avant que de parler du teint,
Je devais vous avoir dépeint,
Pour aller par ordre en l’affaire,
La posture du dieu. Son col était penché :
C’est ainsi que le Somme en sa grotte est couché ;
Ce qu’il ne fallait pas vous taire.
Ses bras à demi nus étalaient des appas,
Non d’un Hercule, ou d’un Atlas,
D’un Pan, d’un Sylvain, ou d’un Faune,
Ni même ceux d’une Amazone ;
Mais ceux d’une Vénus à l’âge de vingt ans.
Ses cheveux épars et flottants,
Et que les mains de la Nature
Avaient frisés à l’aventure,
Celles de Flore parfumés,
Cachaient quelques attraits dignes d’être estimés ;
Mais Psyché n’en était qu’à prendre plus facile :
Car, pour un qu’ils cachaient, elle en soupçonnait mille ;
Leurs anneaux, leurs boucles, leurs nœuds,
Tour à tour de Psyché reçurent tous des vœux;
Chacun eut à part son hommage.
Une chose nuisit pourtant à ces cheveux :
Ce fut la beauté du visage.
Que vous en dirai-je ? et comment
En parler .assez dignement ?
Suppléez à mon impuissance :
Je ne vous aurais d’aujourd’hui
Dépeint les beautés de celui
Qui des beautés a l’intendance.
Que dirais-je des traits où les Ris sont logés ?
De ceux que les Amours ont entre eux partagés ?
Des yeux aux brillantes merveilles,
Qui sont les portes du désir ?
Et surtout des lèvres vermeilles,
Qui sont les sources du plaisir?
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