Jérusalem quel soleil est sur toi!
Jérusalem quel soleil est sur toi!
Vision de paix. Fraîcheur d’onde aux paupières.
Dieu brille aux sources de tes yeux, guerrière.
Ton ombre est plus profonde que les bois.
Que tu es mince et fière dans le vent.
Que tu défies sans fard notre art de vivre.
Jérusalem sage, sauvage et libre,
Que ton mystére a de cris éclatants.
Le lait des noix, l’or du miel aux buissons,
L’olive crue, le sel femme et la menthe
Forment de leur saveur ton nom d’amante
Que Dieu jamais ne mêle à d’autres noms.
Tes bras sont chargés d’un bouquet de branches
Et de lodeur des forêts millénaires.
Ta chevelure est la nuit solitaire
Que tes regards constellent de pervenches.
Légère autant que les jours de l’enfance,
Tu viens de Dieu m’enlacer de parfums.
Je poserai ma tête sur ta main
Tant elle est grave avec intelligence.
Je rêverai du ciel, sur ton épaule,
Quand les oiseaux d’avril se seront tus.
Ton cœur subtil bat sans étre entendu
Tant dans la joie tu n’oubliés pas ton réle.
Fille et feuillage aux souffles de ]’été,
Le soleil chante à l’ombre de l’azur.
Ta jalousie tendre profonde et pure
Est le rivage où je m’établirai.
Je resterai le temps que tu voudras,
Perdu dans tes cheveux d’ombre et de calme,
Et, si ta main me frêle de sa palme,
Je ne saurai plus rien d’autre que toi.
J’ai préféré dresser ma tente un jour
Sur tes coteaux plutét qu’un siècle ailleurs.
J’ai délaissé les plaines du bonheur
Pour m/’abriter du mur de ton amour.
Ton long regard invente une étendue
Que les frelons sillonnent d’ironies.
Le lac reflète un paysage qui
Mêle aux poissons le passage des nues.
-Toute jeunesse est revenue nous voir
Avec ce vent d’été qui nous pardonne.
Tout est dans un tel suspens que personne
Ne songe a se remémorer l’histoire.
La marguerite avance, avec sa jambe
Unique, au bord des remparts de la ville,
Vers un soleil d’éternité tranquille
Qui songe a soi, seul et si fort, qu’il flambe.
Ta discrétion lasse, basse et passée
Prétend de moi la promesse divine.
Je tourne a toi ma face où tu devines
Les incisions des vieux totems sacrés.
Lourd de terre et de sang, du fond des Ages,
Je viens vers toi comme 4a la paix d’en haut,
Mais je m’épuise à chercher quels oiseaux
Brillent au ciel profond de ton feuillage.
LE LIVRE DU JUSTE. 1952.
Vision de paix. Fraîcheur d’onde aux paupières.
Dieu brille aux sources de tes yeux, guerrière.
Ton ombre est plus profonde que les bois.
Que tu es mince et fière dans le vent.
Que tu défies sans fard notre art de vivre.
Jérusalem sage, sauvage et libre,
Que ton mystére a de cris éclatants.
Le lait des noix, l’or du miel aux buissons,
L’olive crue, le sel femme et la menthe
Forment de leur saveur ton nom d’amante
Que Dieu jamais ne mêle à d’autres noms.
Tes bras sont chargés d’un bouquet de branches
Et de lodeur des forêts millénaires.
Ta chevelure est la nuit solitaire
Que tes regards constellent de pervenches.
Légère autant que les jours de l’enfance,
Tu viens de Dieu m’enlacer de parfums.
Je poserai ma tête sur ta main
Tant elle est grave avec intelligence.
Je rêverai du ciel, sur ton épaule,
Quand les oiseaux d’avril se seront tus.
Ton cœur subtil bat sans étre entendu
Tant dans la joie tu n’oubliés pas ton réle.
Fille et feuillage aux souffles de ]’été,
Le soleil chante à l’ombre de l’azur.
Ta jalousie tendre profonde et pure
Est le rivage où je m’établirai.
Je resterai le temps que tu voudras,
Perdu dans tes cheveux d’ombre et de calme,
Et, si ta main me frêle de sa palme,
Je ne saurai plus rien d’autre que toi.
J’ai préféré dresser ma tente un jour
Sur tes coteaux plutét qu’un siècle ailleurs.
J’ai délaissé les plaines du bonheur
Pour m/’abriter du mur de ton amour.
Ton long regard invente une étendue
Que les frelons sillonnent d’ironies.
Le lac reflète un paysage qui
Mêle aux poissons le passage des nues.
-Toute jeunesse est revenue nous voir
Avec ce vent d’été qui nous pardonne.
Tout est dans un tel suspens que personne
Ne songe a se remémorer l’histoire.
La marguerite avance, avec sa jambe
Unique, au bord des remparts de la ville,
Vers un soleil d’éternité tranquille
Qui songe a soi, seul et si fort, qu’il flambe.
Ta discrétion lasse, basse et passée
Prétend de moi la promesse divine.
Je tourne a toi ma face où tu devines
Les incisions des vieux totems sacrés.
Lourd de terre et de sang, du fond des Ages,
Je viens vers toi comme 4a la paix d’en haut,
Mais je m’épuise à chercher quels oiseaux
Brillent au ciel profond de ton feuillage.
LE LIVRE DU JUSTE. 1952.
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