PLAINTE D’UN CHRÉTIEN
PLAINTE D’UN CHRÉTIEN,
SUR LES CONTRARIÉTÉS QU’IL ÉPROUVE AU DEDANS DE LUI-MÊME
Mon Dieu, quelle guerre cruelle !
Je trouve deux hommes en moy.
L’un veut que plein d’amour pour toy
Mon cœur te soit toujours fidelle.
L’autre à tes volontez rebelle
Me révolte contre ta loy.
L’un tout esprit, et tout céleste,
Veut qu’au Ciel sans cesse attaché,
Et des biens éternels touché,
Je compte pour rien tout le reste.
Et l’autre par son poids funeste
Me tient vers la Terre panché.
Hélas ! en guerre avec moy-même,
Où pourray-je trouver la paix ?
Je veux, et n’accomply jamais.
Je veux. Mais, ô misère extrême !
Je ne fais pas le bien que j’aime,
Et je fais le mal que je hais.
O Grâce, ô rayon salutaire,
Vien me mettre avec moy d’accord :
Et domtant par un doux effort
Cet homme qui t’est si contraire,
Fay ton esclave volontaire
De cet esclave de la mort.
SUR LES CONTRARIÉTÉS QU’IL ÉPROUVE AU DEDANS DE LUI-MÊME
Mon Dieu, quelle guerre cruelle !
Je trouve deux hommes en moy.
L’un veut que plein d’amour pour toy
Mon cœur te soit toujours fidelle.
L’autre à tes volontez rebelle
Me révolte contre ta loy.
L’un tout esprit, et tout céleste,
Veut qu’au Ciel sans cesse attaché,
Et des biens éternels touché,
Je compte pour rien tout le reste.
Et l’autre par son poids funeste
Me tient vers la Terre panché.
Hélas ! en guerre avec moy-même,
Où pourray-je trouver la paix ?
Je veux, et n’accomply jamais.
Je veux. Mais, ô misère extrême !
Je ne fais pas le bien que j’aime,
Et je fais le mal que je hais.
O Grâce, ô rayon salutaire,
Vien me mettre avec moy d’accord :
Et domtant par un doux effort
Cet homme qui t’est si contraire,
Fay ton esclave volontaire
De cet esclave de la mort.
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