SUR LE BONHEUR DES JUSTES ET SUR LE MALHEUR DES RÉPROUVÉS
SUR LE BONHEUR DES JUSTES ET SUR LE MALHEUR DES RÉPROUVÉS
Heureux, qui de la Sagesse
Attendant tout son secours,
N’a point mis en la Richesse
L’espoir de ses derniers jours.
La mort n’a rien qui l’estonne ;
Et dès que son Dieu l’ordonne,
Son ame prenant l’essor
S’eleve d’un vol rapide
Vers la demeure, où réside
Son veritable thresor.
De quelle douleur profonde
Seront un jour penetrez
es insensez, qui du monde,
Seigneur, vivent enyvrez ;
Quand par une fin soudaine
Détrompez d’une ombre vaine,
Qui passe, et ne revient plus,
Leurs yeux du fond de l’abîme
Près de ton thrône sublime
Verront briller tes Elus !
Infortunez que nous sommes,
Ou s’égaroient nos esprits ?
Voilà, diront-ils, ces hommes,
Vils objets de nos mépris,
Leur sainte et pénible vie
Nous parut une folie.
Mais aujourd’huy triomphans,
Le Ciel chante leur louange,
Et Dieu luy-même les range
Au nombre de ses Enfans.
Pour trouver un bien fragile
Qui nous vient d’estre arraché,
Par quel chemin difficile
Hélas ! nous avons marché !
Dans une route insensée
Nostre ame en vain s’est lassée,
Sans se reposer jamais,
Fermant l’œil à la lumière,
Qui nous monstroit la carriere
De la bien-heureuse Paix.
De nos attentats injustes
Quel fruit nous est-il resté ?
Où sont les titres augustes,
Dont nostre orgueil s’est flatté ?
Sans amis, et sans défense,
Au thrône de la vengeance
Appelez en jugement,
Foibles et tristes victimes
Nous y venons de nos crimes
Accompagnez seulement.
Ainsi d’une voix plaintive
Exprimera ses remords
La Penitence tardive
Des inconsolables Morts.
Ce qui faisoit leurs delices,
Seigneur, fera leurs supplices.
Et par une égale loy,
Tes Saints trouveront des charmes
Dans le souvenir des larmes
Qu’ils versent icy pour toy.
Heureux, qui de la Sagesse
Attendant tout son secours,
N’a point mis en la Richesse
L’espoir de ses derniers jours.
La mort n’a rien qui l’estonne ;
Et dès que son Dieu l’ordonne,
Son ame prenant l’essor
S’eleve d’un vol rapide
Vers la demeure, où réside
Son veritable thresor.
De quelle douleur profonde
Seront un jour penetrez
es insensez, qui du monde,
Seigneur, vivent enyvrez ;
Quand par une fin soudaine
Détrompez d’une ombre vaine,
Qui passe, et ne revient plus,
Leurs yeux du fond de l’abîme
Près de ton thrône sublime
Verront briller tes Elus !
Infortunez que nous sommes,
Ou s’égaroient nos esprits ?
Voilà, diront-ils, ces hommes,
Vils objets de nos mépris,
Leur sainte et pénible vie
Nous parut une folie.
Mais aujourd’huy triomphans,
Le Ciel chante leur louange,
Et Dieu luy-même les range
Au nombre de ses Enfans.
Pour trouver un bien fragile
Qui nous vient d’estre arraché,
Par quel chemin difficile
Hélas ! nous avons marché !
Dans une route insensée
Nostre ame en vain s’est lassée,
Sans se reposer jamais,
Fermant l’œil à la lumière,
Qui nous monstroit la carriere
De la bien-heureuse Paix.
De nos attentats injustes
Quel fruit nous est-il resté ?
Où sont les titres augustes,
Dont nostre orgueil s’est flatté ?
Sans amis, et sans défense,
Au thrône de la vengeance
Appelez en jugement,
Foibles et tristes victimes
Nous y venons de nos crimes
Accompagnez seulement.
Ainsi d’une voix plaintive
Exprimera ses remords
La Penitence tardive
Des inconsolables Morts.
Ce qui faisoit leurs delices,
Seigneur, fera leurs supplices.
Et par une égale loy,
Tes Saints trouveront des charmes
Dans le souvenir des larmes
Qu’ils versent icy pour toy.
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