Dans les sables, l’oiseau se meurt

Dans les sables, l’oiseau se meurt
tu rassembles ce peu
de chair
cette frileuse agonie
tu le déposes sur les bords
de ce triangle d’eau
doucement le couche entre les herbes
Son dernier souffle, son cri
déchire les dunes, s’enflamme et se propage
là où le désert,
uni à l’océan vengeur
dans la combe universelle, racle les vastes fonds
foudroie et tranche le mal pour le mal
muet par magie, despote en sa fourrure
tire rafale sur rafale, déferlante sur déferlante
siffle, pépie encore silencieux des bribes de jactance
enferre sa démarche aux nuées
soudoie l’éclair et sa lumière
divise les cieux et leurs sucs
de ce miel embaumant qui nourrit
la Terre,
façonne la foudre en son noyau
forge sur l’oasis tempêtes
et ténèbres.

Ainsi de ta quête et du fracas du monde
quand le soleil perd son odeur de terre
sur l’ombre décharnée des cadavres hurlants
et que la sourde pluie les berce
pour qu’ils meurent sans bruit.

Ainsi de ta quête et de l’aura du monde
quand tu oses trembler de ton corps englué
pour battre le fer contre l’engeance molle
et que ton sang s’ébranle d’averse en averse
sur les toits d’une ville où un clochard s’enivre.

Ainsi dépose-moi, couche-moi sur ce lit de feuilles
ce bûcher de ténèbres auprès de l’oasis
que je caresse la source, ses lèvres entrouvertes
le sein de la mère abouché à l’enfant, la femme et l’amant
accordés dans l’étreinte, le fluide ruisseau épaulant les ruines
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