Sur le voyage de la madeleine au sépulcre de notre-seigneur

Où t’emporte ton Zèle, aveugle Madeleine !
L’excès de ton Amour a-t-il fermé tes yeux ?
Laisse de ton Projet les Soins injurieux :
Ton travail est sans fruit, ta prévoyance est vaine.

Tu perds, également, ta Dépense et ta Peine ;
Garde, garde pour toi, tes Parfums précieux :
Et viens plutôt, d’un Pas saintement curieux,
Admirer du Sauveur la Vertu souveraine.

Quoi, tu crains que le Corps du Roi de l’Univers
Souffre la Pourriture et soit rongé des Vers !
Songe à sa Pureté, songe à son Origine.

Jésus, le Saint de Dieu, bannissant ton Erreur,
Parfume le Tombeau de son Odeur divine :
Et lors qu’il y descend, il en ôte l’Horreur.
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