Choderlos de Laclos

Choderlos de Laclos

1741–1803 · a vécu 61 ans FR FR

n. 1741-10-18, Amiens · m. 1803-09-05, Tarento

Autre

L’amour lui-même a créé ma bergère,
Mais un enfant à tout ne peut songer ;
Trop occupé de la former pour plaire
Il ne la fit point pour aimer.

Il lui donna beauté, grâce touchante,
Dons précieux faits pour être adorés,
Mais elle n’eut qu’une âme indifférente,
Par qui ces dons sont déparés.

De mille feux son regard étincelle
Et de l’amour c’est encore une erreur ;
Il les mit tous dans les yeux de la belle,
Il n’en garda point pour son cœur.

Laisse à ses yeux leur douceur naturelle,
Et dans son cœur, amour, place tes feux ;
Glicère ainsi ne sera pas moins belle
Et je serai moins malheureux.
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Poèmes

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Autre

L’amour lui-même a créé ma bergère,
Mais un enfant à tout ne peut songer ;
Trop occupé de la former pour plaire
Il ne la fit point pour aimer.

Il lui donna beauté, grâce touchante,
Dons précieux faits pour être adorés,
Mais elle n’eut qu’une âme indifférente,
Par qui ces dons sont déparés.

De mille feux son regard étincelle
Et de l’amour c’est encore une erreur ;
Il les mit tous dans les yeux de la belle,
Il n’en garda point pour son cœur.

Laisse à ses yeux leur douceur naturelle,
Et dans son cœur, amour, place tes feux ;
Glicère ainsi ne sera pas moins belle
Et je serai moins malheureux.

Épître à Madame la Marquise de Montalembert

Je sentais le besoin d’aimer,
Mais je voulais être fidèle.
A l’amour j’osai m’adresser :
« Dieu puissant ! indique-moi celle
Qui mérite de me fixer »,
Lui dis-je ; Amour battit de l’aile,
Sourit, et fut se reposer
Sur le sein naissant d’Isabeile :
Soudain, je sentis s’allumer
Une flamme vive et nouvelle.
« Amour ! m’écriai-je, c’est elle !
Je suis heureux, je vais aimer. »

Quelle voluptueuse ivresse
Alors sempara de mes sens !
J’étais aimé, j’avais quinze ans,
Je ne voyais que ma maîtresse !
Délire heureux de la tendresse,
N’existez-vous donc qu’au printemps ?

Rondeau

Elle est à moi, cette aimable Rosire,
Son cœur sensible a couronné mes feux :
Elle est à moi. puis-je être plus heureux ?
Ô volupté, j’éprouve ton délire,
Et mon bonheur a surpassé mes vœux.

Sein palpitant, voluptueux sourire,
Lèvres de rose et regards langoureux,
Rosire a tout : cette aimable Rosire,
Elle est à moi.

En vers naïfs dans mes chants amoureux,
Ainsi d’Amour je célébrais l’empire.
Las ! Peignez-vous mes transports douloureux.
Lysis arrive : il accorde sa lyre,
Puis chante aussi : cette aimable Rosire,
Elle est à moi !

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