Je me ris de ce monde…
Je me ris de ce monde, et n’y trouve que rire,
Je le pleure, et si rien ne doit être pleuré,
J’y espère, et si rien ne doit être espéré,
Je vois tout être entier, et rien n’est qui n’empire.
J’y reprends toute chose, et n’y vois que redire,
Je me plains de ce temps, et rien n’est empiré,
Je redoute un désastre, et tout est assuré,
Je vois la paix partout, et tout bouillonne d’ire.
Je déplore mes ris, je me ris de mes pleurs,
Je ris mon passe-temps, je pleure mes douleurs,
Tout me tire à pleurer, tout à rire m’excite.
Dont vient cela, Mouret ? c’est pourtant que je veux
Entreprendre tout seul les ouvrages de deux,
Ore de Démocrite et ore d’Héraclite.
Je le pleure, et si rien ne doit être pleuré,
J’y espère, et si rien ne doit être espéré,
Je vois tout être entier, et rien n’est qui n’empire.
J’y reprends toute chose, et n’y vois que redire,
Je me plains de ce temps, et rien n’est empiré,
Je redoute un désastre, et tout est assuré,
Je vois la paix partout, et tout bouillonne d’ire.
Je déplore mes ris, je me ris de mes pleurs,
Je ris mon passe-temps, je pleure mes douleurs,
Tout me tire à pleurer, tout à rire m’excite.
Dont vient cela, Mouret ? c’est pourtant que je veux
Entreprendre tout seul les ouvrages de deux,
Ore de Démocrite et ore d’Héraclite.