Jacques Vallée Des Barreaux

Jacques Vallée Des Barreaux

1599–1673 · a vécu 73 ans FR FR

n. 1599-12-16, Châteauneuf-sur-Loire · m. 1673-05-09, Chalon-sur-Saône

Sonnet

Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières,
Ah ! beaux yeux, êtes-vous si tristes et si beaux ?
Quoi, c’était donc pour moi de funestes flambeaux
Que ces feux innocents brillant sous vos paupières ?

De Nature et d’Amour, ô miracles nouveaux,
Astres doux et bénins, vos flammes sont meurtrières ;
Vous promettez de l’heur et creusez des tombeaux,
Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières.

Oui, vous êtes trompeurs, mais vous êtes si beaux
Que je vous tiens des Dieux, quoique vous soyez faux.
Hélas ! faut-il qu’au lieu de vœux et de prières

Je sois contraint de dire, à la honte des Cieux,
Aux plus beaux et plus clairs des Astres et des Dieux :
Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières ?
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Poèmes

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Sonnet

Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières,
Ah ! beaux yeux, êtes-vous si tristes et si beaux ?
Quoi, c’était donc pour moi de funestes flambeaux
Que ces feux innocents brillant sous vos paupières ?

De Nature et d’Amour, ô miracles nouveaux,
Astres doux et bénins, vos flammes sont meurtrières ;
Vous promettez de l’heur et creusez des tombeaux,
Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières.

Oui, vous êtes trompeurs, mais vous êtes si beaux
Que je vous tiens des Dieux, quoique vous soyez faux.
Hélas ! faut-il qu’au lieu de vœux et de prières

Je sois contraint de dire, à la honte des Cieux,
Aux plus beaux et plus clairs des Astres et des Dieux :
Trompeurs miroirs des cœurs, infidèles lumières ?

Sonnet chrétien

Grand Dieu, tes jugements sont remplis d’équité,
Toujours tu prends plaisir à nous être propice ;
Mais j’ai fait tant de mal que jamais ta bonté
Ne peut me pardonner qu’en choquant ta justice.

Oui, mon Dieu, la grandeur de mon impiété
Ne laisse à ton pouvoir que le choix du supplice :
Ton intérêt s’oppose à ma félicité
Et ta clémence même attend que je périsse.

Contente ton désir puisqu’il t’est glorieux :
Offense-toi des pleurs qui coulent de mes yeux,
Tonne, frappe, il est temps ; rends-moi guerre pour guerre.

J’adore en périssant la raison qui t’aigrit :
Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre
Qui ne soit tout couvert du sang de Jésus-Christ ?

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