Nicolas Gilbert

Nicolas Gilbert

1750–1780 · a vécu 29 ans FR FR

n. 1750-12-15, Fontenoy-le-Château · m. 1780-11-16, Paris

Ode imitée de plusieurs psaumes

J’ai révélé mon cœur au Dieu de l’innocence ;
Il a vu mes pleurs pénitents :
Il guérit mes remords, il m’arme de constance ;
Les malheureux sont ses enfants.

Mes ennemis, riant, ont dit dans leur colère :
Qu’il meure et sa gloire avec lui !
Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père :
Leur haine sera ton appui…

Soyez béni, mon Dieu ! vous qui daignez me rendre
L’innocence et son noble orgueil ;
Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,
Veillerez près de mon cercueil !

Au banquet de la vie, infortuné convive,
J’apparus un jour, et je meurs !
Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j’arrive,
Nul ne viendra verser des pleurs.

Salut, champs que j’aimais, et vous, douce verdure,
Et vous, riant exil des bois !
Ciel, pavillon de l’homme, admirable nature,
Salut pour la dernière fois !

Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d’amis sourds à mes adieux !
Qu’ils meurent pleins de jours, que leur mort soit plurée,
Qu’un ami leur ferme les yeux !
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Poèmes

1

Ode imitée de plusieurs psaumes

J’ai révélé mon cœur au Dieu de l’innocence ;
Il a vu mes pleurs pénitents :
Il guérit mes remords, il m’arme de constance ;
Les malheureux sont ses enfants.

Mes ennemis, riant, ont dit dans leur colère :
Qu’il meure et sa gloire avec lui !
Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père :
Leur haine sera ton appui…

Soyez béni, mon Dieu ! vous qui daignez me rendre
L’innocence et son noble orgueil ;
Vous qui, pour protéger le repos de ma cendre,
Veillerez près de mon cercueil !

Au banquet de la vie, infortuné convive,
J’apparus un jour, et je meurs !
Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j’arrive,
Nul ne viendra verser des pleurs.

Salut, champs que j’aimais, et vous, douce verdure,
Et vous, riant exil des bois !
Ciel, pavillon de l’homme, admirable nature,
Salut pour la dernière fois !

Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d’amis sourds à mes adieux !
Qu’ils meurent pleins de jours, que leur mort soit plurée,
Qu’un ami leur ferme les yeux !

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