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Second Livre des Hymnes
Pierre de Ronsard
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Second Livre des Hymnes

Hymne de bacchus

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O Dieu ! je m’esbahis de la gorge innocente
Du bouc, qui tes autels à ta feste ensanglante ;
Sans ce pere cornu, tu n’eusses point trouvé
Le vin, par qui tu as tout le monde abreuvé.
Tu avisas un jour, par l’espais d’un bocage,
Un grand bouc, qui broutoit la lambrunche sauvage,
Et tout soudain qu’il eut de la vigne brouté,
Tu le vis chancelier tout yvre d’un costé.
A l’heure tu pensas qu’une force divine
Estoit en cette plante, et bêchant sa racine,
Soigneusement tu fis ses sauvages raisins,
En l’an suivant apres, adoucir en bons vins.
Apres, ayant pitié de nostre race humaine,
Qui pour lors estanchoit sa soif en la fontaine,
Tu voulus tournoyer toute la terre, à fin
D'enseigner aux humains l’usage de ton vin.
Tu montas sur un char que deux Lynces farouches
Trainoyent d’un col felon, maschantes en leur bouches
Un frein d’Or écumeux ; leur regard estoit feu,
Pareil aux yeux de ceux, qui de nuict ont trop beu.
Un manteau Tyrien s’escouloit sur tes hanches,
Un chapelet de lis meslez de roses franches,
Et de fueille de vigne et de lierre espars,
Voltigeant, ombrageoit ton chef de toutes pars.
Devant ton char pompeux marchoyent l’Ire et la Crainte,
Les peu-sobres Propos, et la Colere, teinte
D'un vermillon flambant, le Vice et la Vertu,
Le Somme, et le Discord, d’un corselet vestu.
Son asne talonnoit le bon vieillard Silene,
Portant le van mystiq sus une lance pleine
De pampre, et publioit, d’une tremblante voix,
De son jeune enfançon les festes et les loix.
A son cri sauteloyent le troupeau des Menades,
Des Pans et des Sylvains, des Lenes et Thyades,
Et, menans un grand bruit de cors et de tabours,
Faisoyent trembler d’effroy les villes et les bours,
Par où le char pas soit. Leurs tresses secouées,
A l'abandon du vent, erroyent entre-nouées
De longs serpens privez, et leur main brandissoit
Un dard, qu’un cep de vigne à l’entour tapissoit.
Que tu prenois, Bacchus, en ton cœur de liesse
De voir sauter de nuit une hurlante presse,
Qui, couverte de peaux, sous les antres balloyent,
Quand, les trois ans passez, tes festes appelloyent !
Et quel plaisir de voir les vierges Lydiennes,
Ou celles de Phrygie, ou les Meoniennes,
Dans les prez Asians, carollant à l’entour
Du bord Meandrien, contre-imiter son tour !
Elles, en ton honneur, d’une boucle azurée,
Graffoyent sur les genoux leur cotte figurée,
Et trepignans en rond, ainsi que petits fans,
En ballant, sauteloyent ; de tous costez les vents,
Amoureux de leur sein, par soüeves remises,
S’entonnoyent doucement es plis de leurs chemises,
Tout le Ciel respondant, sous le bruit enroué
Des balleurs, qui chantoyent : Evan ! Iach ! Evoé !
. . . . . .
Pere, où me traines-tu ? que veux-tu plus de moy ?
Et quoy ! n’ay-je pas, Pere, assez chanté de toy ?
Evoé ! je forcene, ah ! je sens ma poitrine
Chaude des gros bouillons de ta fureur divine.
Ah ! Bassar, je te voy, et tes yeux rougissans,
Et flottant sur ton col tes cheveux blondissans.
J’ay perdu, Cuisse-né, mon vagabond courage,
Qui suit ton saint Orgie, emporté de ta rage ;
Je sens mon cœur trembler, tant il est agité
Des poignans aiguillons de ta divinité ;
Donne moy d’une part ces cors et ces clochettes,
Ces tabours d’autre part, de l’autre ces sonnettes.
Qu’un beguin serpentin me serre les cheveux,
Herissez de lierre et de vigne aux longs nœux,
Et que l’esprit d’Æole en soufflant les tourmante
Comme la fueille esparse es chesnes d’Erymanthe.
Il me semble en esprit que, de pieds mal-certains,
Sans mesure et sans art, matassinant des mains,
Dansent autour de moy les folles Edonides,
Par les deserts neigeux des rivages Hebrides,
Hurlant en voix aiguë, et par force joignant
Leurs chefs escervelez sous le thyrse poignant.
Et moy, vague d’esprit, soufflant à grosse haleine,
Conduit de trop de vin, je cours parmi la plaine
A jambe chancelante, allant, Chantre, devant
Ton Orgie sacré, qui mes pas va suivant,
Orgie, ton mystere aux peuples admirable,
Caché secret, au fond d’un panier venerable,
Que porte une Menade, et sur lequel en vain,
Un homme lay mettroit, pour le prendre, la main,
Avant qu’il fust lavé par sept ou neuf soirées
Es sources de Parnasse, aux neuf Muses sacrées.
Jà la terre fremist sous les pieds furieux,
Jà la nue poudreuse oste le jour aux yeux,
Tant les champs sont foulez des troupeaux des Evantes,
Qui vont jusques au Ciel les poudres devantes.
A leur fol arriver, les oiseaux parmi l’air,
D’un tel bruit estonnez, cessent de plus voler,
Se cachant par les bois, et les feres troublées
De peur se vont tapir au profond des vallées,
Et les fleuves peureux, du bruit esmerveillez,
Appellent sous les eaux leurs peuples escaillez.
La Jeunesse et l’Amour et les Graces te suivent,
Sans ta douce fureur les voluptez ne vivent.
Le jeu, la bonne chere et la danse te suit ;
Quelque part où tu sois, le desplaisir s’enfuit,
Le chagrin et l’ennuy, plus soudain que la nue
Ne fuit du vent Boré la contraire venue.
Que diray plus de toy ? d’un nœud impatient,
Tu vas hommes et Dieux sous ton thyrse liant.
Alme pere Denys, tu es beaucoup à craindre,
Qui contrains un chacun, et nul te peut contraindre.
. . . . . .
Toy, grand toy, sainct toy, Dieu, tu fléchis les rivieres,
Tu appaises les mers, quand plus elles sont fieres.
Tu fis rouler le vin de maint rocher crevé,
Et par toy le doux miel es chesnes fut trouvé.
La Musique te doit ; les peuples et les villes
Te doivent leurs rampars et leurs reigles civiles ;
La liberté te doit, qui aime mieux s’offrir
A la mort que se voir sous un Tyran souffrir ;
La vérité te doit, et te doivent encore
Toutes religions, dont les Dieux on adore.
Tu rens l’homme vaillant, tu adjoins au conseil
De celuy qui te croit, un pouvoir nompareil.
Par toy les Devineurs, troublez en leurs poitrines,
Fremissent sous le joug de tes fureurs divines.
Tu fais germer la terre, et de vives couleurs
Tu bigarres les prez orgueillis de leurs fleurs.
Tu desdaignes l’Enfer, tu restaures le monde
De ta longue jeunesse et de ta tresse blonde :
Tousjours un sans estre un, qui te fais et desfais,
Qui meurs de jour en jour, et si ne meurs jamais.
Par toy, Pere, chargez de ta douce Ambrosie,
Nous elevons au Ciel l’humaine fantaisie,
Portez dedans ton char, et d’hommes vicieux,
Purgez de ta liqueur osons monter aux Cieux,
Et du grand Jupiter nous assoir à la table.
Je te salue, ô Roy, le Lychnite admirable
Des hommes et des Dieux, je te salue encor
En faveur de Brinon, qui, d’une tasse d’or
Pleine de malvoisie, en sa maison t’appelle
Avec ton vieil Silene et ta mere Semele.

Hymne de l’automne

Le jour que je fu né, Apollon qui preside
Aux Muses, me servit en ce monde de guide,
M'anima d’un esprit subtil et vigoureux,
Et me fist de science et d’honneur amoureux.
En lieu des gratis thresors et des richesses vaines,
Qui aveuglent les yeux des personnes humaines,
Me donna pour partage une fureur d’esprit,
Et l’art de bien coucher ma verve par escrit.
Il me haussa le cœur, haussa la fantaisie,
M’inspirant dedans l’ame un don de Poësie,
Que Dieu n’a concédé qu’à l’esprit agité
Des poignans aiguillons de sa Divinité.
Quand l’homme en est touché, il devient un Prophete,
Il predit toute chose avant qu’elle soit faite,
II cognoist la nature et les secrets des Cieux,
Et d’un esprit bouillant s’eleve entre les Dieux.
Il cognoist la vertu des herbes et des pierres,
Il enferme les vents, il charme les tonnerres :
Sciences que le peuple admire, et ne sçait pas
Que Dieu les va donnant aux hommes d’ici-bas,
Quand ils ont de l’humain les ames separées,
Et qu’à telle fureur elles sont preparées
Par oraison, par jeusne et penitence aussi,
Dont aujourd’huy le monde a bien peu de souci.
Car Dieu ne communique aux hommes ses mysteres,
S’ils ne sont vertueux, devots et solitaires,
Eslongnez des tyrans, et des peuples qui ont
La malice en la main et l’impudence au front,
Brulez d’ambition et tourmentez d’envie,
Qui leur sert de bourreau tout le temps de leur vie.
Je n’avois pas quinze ans que les monts et les bois
Et les eaux me plaisoyent, plus que la Court des Rois
Et les noires forests en fueillages voutées,
Et du bec des oiseaux les roches picotées ;
Une valée, un antre, en horreur obscurci,
Un desert effroyable estoit tout mon souci,
A fin de voir au soir les Nymphes et les Fées,
Danser dessous la Lune en cotte par les prées,
Fantastique d’esprit, et de voir les Sylvains
Estre boucs par les pieds, et hommes par les mains,
Et porter sur le front des cornes en la sorte
Qu’un petit aignelet de quatre mois les porte.
J’allois apres la danse, et craintif je pressois
Mes pas dedans le trac des Nymphes, et pensois
Que pour mettre mon pied en leur trace poudreuse
J’aurois incontinent l’ame plus genereuse.
Ainsi que l’Ascrean qui gravement sonna
Quand l’une des neuf Sœurs du Laurier luy donna.
Or je ne fu trompé de ma jeune entreprise,
Car la gentille Euterpe, ayant ma dextre prise,
Pour m’oster le mortel, par neuf fois me lava
De l’eau d’une fontaine où peu de monde va,
Me charma par neuf fois, puis, d’une bouche enflée,
Ayant dessus mon chef son haleine soufflée,
Me herissa le poil de crainte et de fureur,
Et me remplist le cœur d’ingenieuse erreur,
En me disant ainsi : « Puis que tu veux nous suivre,
Heureux apres la mort, nous te ferons revivre
Par longue renommée, et ton los ennobli,
Accablé du tombeau, n’ira point en oubli.
Tu seras du vulgaire appellé frenetique,
Insensé, furieux, farouche, fantastique,
Maussade, mal-plaisant, car le peuple médit
De celuy qui de mœurs aux siennes contredit.
Mais courage, Ronsard ! les plus doctes Poëtes,
Les Sibylles, Devins, Augures et Prophetes,
Huez, siflez, moquez des peuples ont esté,
Et toutefois, Ronsard, ils disoyent verité.
N’espere d’amasser de grans biens en ce monde :
Une forest, un pré, une montaigne, une onde,
Sera ton heritage, et seras plus heureux
Que ceux qui vont cachant tant de thresors chez eux.
Tu n’auras point de peur qu’un Roy, de sa tempeste,
Te vienne en moins d’un jour escarbouiller la teste
Ou confisquer tes biens, mais, tout paisible et coy,
Tu vivras dans les bois pour la Muse et pour toy. »
Ainsi disoit la Nymphe, et de là je vins estre
Disciple de Dorat, qui long temps fut mon maistre,
M'apprist la Poësie, et me monstra comment
On doit feindre et cacher les fables proprement,
Et à bien desguiser la verité des choses
D'un fabuleux manteau, dont elles sont encloses.
. . . . . .

Hymne de l’été

. . . . . .
L’amoureuse Nature estoit un jour fâchée
De se voir sans rien faire, auprès du Temps couchée :
« Il y a, ce disoit, tant de siecles passez
Que du Temps, mon mary, les membres sont cassez,
Froids, perclus, impotens, la charge de ma couche ;
. . . . . .

J’ay beau passer ma main tres-delicate et blanche
Ores dessus son ventre, ores dessus sa hanche,
J’ay beau fourcher ma jambe et chatouiller sa chair,
Il demeure immobile, aussi froid qu’un rocher,
Descharné, deshallé, sans puissance ny force,
N’ayant plus rien de vif sinon un peu d’escorce.
En lieu de me respondre il ronfle, et si ne puis
En tirer seulement un baiser en trois nuicts.
Las ! il n’estoit pas tel, quand, pour sa chere espouse,
Il me prist chez mon pere : il n’aimoit autre chouse
Que l’amoureux deduit, duquel les mariez
Se trouvent bras-à-bras à leurs femmes liez.
Tousjours il m’accoloit d’une chaude ambrassée,
Tousjours ma bouche estoit à la sienne pressée,
Et fusmes si gaillars que ce grand Univers
Fut peuplé tout soudain de nos enfans divers,
Car tout cela qui vit et qui habite au monde,
Est yssu du plaisir de nostre amour feconde.
Maintenant il est vieil et je ne le suis pas !
Je sens encor en moy les gracieux appas,
Dont Amour, mon enfant, chatouille la pensée,
Et sa flame en mon cœur n’est encor effacée.
Bref, j’ay delibéré de me donner plaisir,
Aupres de mon mary, je ne veux plus gesir,
La foy de mariage est pour les hommes faite
Grossiers, mal-advisez et de race imparfaite,
Assujettis aux lois, et non pas pour les Dieux
Qui pleins de liberté habitent dans les Cieux.
Quant-à-moy, je suis franche, et Deesse j’estime
Autant un fils bastard, comme un fils legitime. »
Ainsi disoit Nature, et de ce pas alla
Au palais du Soleil, auquel ainsi parla :
« Soleil, de ce grand Tout, l’ame, l’œil et la vie,
Je suis de tes beautez en l’ame si ravie,
Que tu me verras toute en larmes consommer,
S'il ne te plaist guarir mon mal, qui vient d’aimer.
. . . . . .

Te voyant l’autre jour chez mon pere, à la table,
Sans barbe et chevelu, de visage accointable,
Jeune, doux et courtois, tu me gaignas le cœur ;
Depuis je n’ay vescu qu’en peine et en langueur,
Souspirante pour toy et pour ton beau visage,
Qui m’a dedans l’esprit imprimé ton image ;
Je ne fais que gémir, et pense nuit et jour
Le moyen de guarir mes pleurs et mon amour.
Aux charmes, pour l’oster, j’ay mis ma fantaisie,
Mais mon ame, qui vit de trop d’amour saisie,
Refuse tout confort ; mon extreme secours
Est d’avoir, sans tarder, à ta grace recours,
Et t’embrasser tout nud, pendant que la Nuict brune
Conduira par le Ciel les chevaux de la Lune. »
. . . . . .

Hymne de l’hiver

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Toute Philosophie est en deux divisée,
L’une est aiguë, et vive, et prompte, et advisée,
Qui sans paresse ou peur, d’un vol audacieux,
Abandonne la terre, et se promeine aux Cieux.
Hardis furent les cœurs, qui, les premiers, monterent
Au Ciel, et, d’un grand soin, les Astres affronterent.
Là, sans avoir frayeur des cloistres enflamez
Du monde où tant de corps divers sont enfermez,
Par leur vive vertu s’ouvrirent une entrée,
Et veirent jusqu’au sein la Nature sacrée.
Ils espierent Dieu, puis ils furent apres
Si fiers que de conter aux hommes ses secrets,
Et d’un esprit ardent eurent la cognoissance
De ce qui n’est point né, de ce qui prend naissance,
Et en pillant le Ciel, comme un riche butin,
Mirent dessous leurs pieds Fortune et le Destin.
L’autre Philosophie habite sous la nue
A qui tant seulement ceste terre est cognue
Sans se pousser au Ciel ; le cœur, qui luy defaut,
Ne luy laisse entreprendre un voyage si haut.
Elle a pour son sujet les negoces civiles,
L’equité, la justice et le repos des villes,
Et, au chant de sa lyre, a fait sortir des bois
Les hommes forestiers et leur bailla des lois.
Elle sçait la vertu des herbes et des plantes,
Elle va dessous terre, aux crevasses béantes,
Tirer l’argent et l’or, et chercher de sa main
Le fer qui doit rougir en nostre sang humain.
Puis, à fin que le peuple ignorant ne mesprise
La vérité cognue, apres l’avoir apprise,
D’un voile bien subtil, comme les peintres font
Aux tableaux bien portraits, luy couvre tout le front,
Et laisse seulement, tout au travers du voile,
Paroistre ses rayons comme une belle estoile,
A fin que le vulgaire ait desir de chercher
La couverte beauté, dont il n’ose approcher.
Tel j’ay tracé cest Hymne, imitant l’exemplaire
Des fables d’Hesiode et de celles d’Homere.
. . . . . .

Hymne de la mort

… Que ta puissance, ô Mort, est grande et admirable !
Rien au monde par toi ne se dit perdurable,
Mais, tout ainsi que l’onde à val des ruisseaux fuit
Le pressant coulement de l’autre qui la suit,
Ainsi le temps se coule, et le présent fait place
Au futur importun qui les talons lui trace.
Ce qui fut, se refait ; tout coule, comme une eau,
Et rien dessous le Ciel ne se voit de nouveau,
Mais la forme se change en une autre nouvelle,
Et ce changement-là, Vivre, au monde s’appelle,
Et mourir, quand la forme en une autre s’en va.
Ainsi, avec Vénus, la Nature trouva
Moyen de ranimer, par longs et divers changes,
La matière restant, tout cela que tu manges ;
Mais notre âme immortelle est toujours en un lieu,
Au change non sujette, assise auprès de Dieu,
Citoyenne à jamais de la ville éthérée,
Qu’elle avait si longtemps en ce corps désirée.

Je te salue, heureuse et profitable Mort,
Des extrêmes douleurs médecin et confort.
Quand mon heure viendra, Déesse, je te prie,
Ne me laisse longtemps languir en maladie,
Tourmenté dans un lit ; mais puisqu’il faut mourir,
Donne-moi que soudain je te puisse encourir,
Ou pour l’honneur de Dieu, ou pour servir mon Prince,
Navré d’une grand plaie au bord de ma province.
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