Robert Brasillach

Robert Brasillach

1909–1945 · a vécu 35 ans FR FR

n. 1909-03-31, Perpinhã · m. 1945-02-06, Fort de Montrouge

Bijoux

Je n’ai jamais eu de bijoux,
Ni bague ni chaine au poignet,
Ce sont choses mal vues chez nous ;
Mais on m’a mis la chaine aux pieds.
On dit que ce n’est pas viril,
Les bijoux sont faits pour les filles;
Aujourd’hui comment se fait-il
Qu’on m’ait mis la chaine aux chevilles ?

Ii faut connaître toutes choses,
Étre curieux du nouveau ;
trange est habit qu’on m’impose
Et bizarre ce double anneau.

Le mur est froid, la soupe est maigre,
Mais je marche, ma foi, trés fier,
Tout résonnant comme un roi négre
Paré de ses bijoux de fer.
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Poèmes

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Bijoux

Je n’ai jamais eu de bijoux,
Ni bague ni chaine au poignet,
Ce sont choses mal vues chez nous ;
Mais on m’a mis la chaine aux pieds.
On dit que ce n’est pas viril,
Les bijoux sont faits pour les filles;
Aujourd’hui comment se fait-il
Qu’on m’ait mis la chaine aux chevilles ?

Ii faut connaître toutes choses,
Étre curieux du nouveau ;
trange est habit qu’on m’impose
Et bizarre ce double anneau.

Le mur est froid, la soupe est maigre,
Mais je marche, ma foi, trés fier,
Tout résonnant comme un roi négre
Paré de ses bijoux de fer.

Seigneur, voici couler le sang de la patrie

Seigneur, voici couler le sang de la patrie.
J’entends le bruit qu’il fait en tombant sur la terre,
Le bruit sourd, en cing ans de luttes ennemies,
De ces gouttes tombant du corps de tant de frères.

Seigneur, voici couler le sang de notre race, si
Sang du combat guerrier, sang des guerres civiles,
Sang des foyers noircis que quelque flamme efface,
Sang de ceux qu’on fusille aux fossés de nos villes,
Seigneur, voici couler Je sang de notre terre.
Le sang qui a coulé n’est jamais qu’un sang pur,
Et le voici mêlé, le sang des adversaires,
Figé sur nos pavés comme un verglas plus dur.

Seigneur, voici couler le sang de nos garçons,
Il a tout recouvert la patrie déchirée.

Quand verrons-nous jaillir, ô tardive saison,
De tout ce sang versé la moisson désirée ?

Vienne la nuit

Vienne la nuit que je m’embarque,
Loin des murs que fait ma prison :
Elle suffit pour qu’ils s’écartent,
Je retrouve mes horizons.
Que m’importe si l’on me parque!
La Nuit abat toutes cloisons.

Avec la Nuit je me promène
Sous le soleil des jours anciens.
Je ne vois plus ce qui m’enchaîne,
Le sommeil brise le destin :
Voici la mer, voici la Seine,
Voici les fraîches joues des miens.

Comme dans les camps d’Allemagne,
Chaque nuit, ô Nuit, tu reviens
Me rendre tout ce qu’on éloigne.
Je ferme les yeux sous tes mains,
Je m’embarque, tu m’accompagnes,
Me caresses jusqu’au matin.

Ô Nuit, ô seul trésor pareil
Pour l’homme libre ou le proscrit,
Je t’ai donc retrouvée, merveille,
Après trois ans te revoici!
Je me rends à ton cher soleil,
Enlève-moi comme jadis.

Sur la paille où sont les soldats,
Tu m’apportais les mêmes songes
Qu’aux heureux dont je n’étais pas.
Aujourd’hui, vers toi je replonge,
Ô secourable, 6 toujours là,
OÔ Nuit qui n’as pas de mensonges.

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