Ô vraye amour, dont je suis prise

Ô vraye amour, dont je suis prise,
Comment m’as tu si bien apprise,
Que de mon Jour tant me contente,
Que je n’en espère autre attente,
Que celle de ce doulx amer,
Pour me guérir du mal d’aymer?

Du bien j’ay eu la jouyssance,
Dont il m’a donné congnoissance
Pour m’asseurer de l’amytié,
De laquelle il tient la moytié :
Doncques est il plus doulx, qu’amer,
Pour me guérir du mal d’aymer.

Helas, amy, en ton absence
Je ne puis avoir asseurance
Que celle dont — pour son plaisir —
Amour cault me vient dessaisir
Pour me surprendre, et désarmer :
Gueris moy donc du mal d’aymer!
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