Rêveries
La mort sert de morale aux fables de la vie.
La vie est un champ clos de milliaires semé,
Où souvent le champion se brise tout armé
A l’unième… Or, voilà le destin que j’envie !
Le monde est une mer où l’humble caboteur,
Pauvre, va se traînant du cirque au promontoire ;
Où le hardi forban croise sous l’équateur,
Gorgé du sang du faible, et d’or expiatoire. —
Mort, suprême bourreau !.….. non, plutôt vide, rien,
Basse fosse où tout va. mort sourde au cri du lâche !
Tous les êtres sont pairs devant ta juste hache,
L’homme et le chien !
Tous, oui ! tous, du grand œuvre, œuvre faible et pâture :
Du détriment jaillit la reproduction
Qui si tôt sachemine à la destruction.
Naître, souffrir, mourir, c’est tout dans la nature
Ce que l’homme perçoit ; car elle est un bouquin
Qu’on ne peut déchiffrer ; un manuscrit arabe
Aux mains d’un muletier : hors le titre et la fin,
Il n’interprète rien, rien, pas une syllabe.
On dit l’homme, ici-bas, pèlerin aspirant :
Soit ! mais quelle est sa Mecque ou bien son Compostelle ?
Les cieux ?.. auberge ouverte à son âme immortelle ?...
Non ! le néant !
Autour de moi voyez la foule sourcilleuse
S’ameuter, du néant son haut cœur est marri. —
Dites, de ce vieux chêne où va le tronc pourri ?
Poudre grossir la glèbe. — Et vous, souche orgueilleuse !
Un ogre appelé Dieu vous garde un autre sort !
Moins de prétentions, allons, race servile,
Peut-être avant longtemps, votre tête de mort
Servira de jouet aux enfants par la ville !..
Peu vous importe, au fait, votre vil ossement ;
Qu’on le traîne au bourbier, qu’on le frappe et l’écorne…
Il renaîtra tout neuf, quand sonnera la corne
Du jugement !
La vie est un champ clos de milliaires semé,
Où souvent le champion se brise tout armé
A l’unième… Or, voilà le destin que j’envie !
Le monde est une mer où l’humble caboteur,
Pauvre, va se traînant du cirque au promontoire ;
Où le hardi forban croise sous l’équateur,
Gorgé du sang du faible, et d’or expiatoire. —
Mort, suprême bourreau !.….. non, plutôt vide, rien,
Basse fosse où tout va. mort sourde au cri du lâche !
Tous les êtres sont pairs devant ta juste hache,
L’homme et le chien !
Tous, oui ! tous, du grand œuvre, œuvre faible et pâture :
Du détriment jaillit la reproduction
Qui si tôt sachemine à la destruction.
Naître, souffrir, mourir, c’est tout dans la nature
Ce que l’homme perçoit ; car elle est un bouquin
Qu’on ne peut déchiffrer ; un manuscrit arabe
Aux mains d’un muletier : hors le titre et la fin,
Il n’interprète rien, rien, pas une syllabe.
On dit l’homme, ici-bas, pèlerin aspirant :
Soit ! mais quelle est sa Mecque ou bien son Compostelle ?
Les cieux ?.. auberge ouverte à son âme immortelle ?...
Non ! le néant !
Autour de moi voyez la foule sourcilleuse
S’ameuter, du néant son haut cœur est marri. —
Dites, de ce vieux chêne où va le tronc pourri ?
Poudre grossir la glèbe. — Et vous, souche orgueilleuse !
Un ogre appelé Dieu vous garde un autre sort !
Moins de prétentions, allons, race servile,
Peut-être avant longtemps, votre tête de mort
Servira de jouet aux enfants par la ville !..
Peu vous importe, au fait, votre vil ossement ;
Qu’on le traîne au bourbier, qu’on le frappe et l’écorne…
Il renaîtra tout neuf, quand sonnera la corne
Du jugement !
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