Puis que vous le voulez, demeurez inhumaine
Puis que vous le voulez, demeurez inhumaine,
Et me faisant mourir feignez de n’en rien voir,
Vous ne pourrez pourtant ma constance émouvoir,
Car du feu de vos yeux mon âme est toute plaine.
Mon cœur est immuable, et mon amour certaine,
Les plus cruels tourmens y perdent leur pouvoir :
S’il advient que je meure en faisant mon devoir,
Vous en aurez l’offense, et j’en auray la paine.
Las! Mon mal me plaist tant, pource qu’il vient de vous,
Que je trouve en souffrant le martyre bien doux
Et de m’en délivrer je ne prens point d’envie.
C’est pourquoy je craindroy de mourir en aimant,
Non pour fuir la mort, mais de peur seulemant
De perdre mes douleurs si je perdoy la vie.
Et me faisant mourir feignez de n’en rien voir,
Vous ne pourrez pourtant ma constance émouvoir,
Car du feu de vos yeux mon âme est toute plaine.
Mon cœur est immuable, et mon amour certaine,
Les plus cruels tourmens y perdent leur pouvoir :
S’il advient que je meure en faisant mon devoir,
Vous en aurez l’offense, et j’en auray la paine.
Las! Mon mal me plaist tant, pource qu’il vient de vous,
Que je trouve en souffrant le martyre bien doux
Et de m’en délivrer je ne prens point d’envie.
C’est pourquoy je craindroy de mourir en aimant,
Non pour fuir la mort, mais de peur seulemant
De perdre mes douleurs si je perdoy la vie.
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