Le garde-voies rêve d’une marche de nuit immobile

Le garde-voies rêve d’une marche de nuit immobile.
Appuyé sur son fusil Remington, il rêve
En remuant les pieds, le nez et la peau du front.
Il rêve d’une marche immobile
Dans la nuit rayée comme une glace par des coups de sifflet.
Il chante, en dormant, les chansons de marche immobile :
« Non, je n’aurai pas les tétons de Marie-Madeleine ;
Je n’aurai pas le cotillon de Margot
Je n’manierai. pas les tétons
Je-ne-mi je-ne-ma je-ne-mi ne-manierai pas
Les joyeux tétons de Marie-Madeleine.
Mais je deviendrai aiguilleur sur la Voie Lactée numéro 7
Ou, peut-être encore, une corbeille à papiers et à pitié,
En bordure de la voie numéro 7
Pour les trains de « la classe seize »,
Et la chanson de la locomotive. »
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