Les fleuves sont sechez, la grand mer se desrobe
. . . . . .
Les fleuves sont sechez, la grand mer se desrobe ;
Il falloit que la terre allast changer de robe.
Montagnes, vous sentez douleurs d’enfantemens ;
Vous fuyez comme agneaux, ô simples eslemens !
Cachez-vous, changez-vous ; rien mortel ne supporte
La voix de l’Eternel, sa voix puissante et forte.
Dieu paroist : le nuage entre luy et nos yeux
S’est tiré à l’escart, il s’est armé de feux ;
Le ciel neuf retentit du son de ses louanges ;
L’air n’est plus que rayons, tant il est semé d’anges.
. . . . . .
Qui se cache ? qui fuit devant les yeux de Dieu ?
Vous, Caïns fugitifs, où trouverez-vous lieu ?
Quand vous auriez les vents collez sous vos aisselles,
Ou quand l’aube du jour vous presteroit ses aisles,
Les monts vous ouvriroient le plus profond rocher,
Quand la nuict tascheroit en sa nuict vous cacher,
Vous enceindre, la mer, vous enlever, la nue,
Vous ne fuirez de Dieu ny le doigt ni la veue.
. . . . . .
« Vous qui m’avez vestu au temps de la froidure,
Vous qui avez pour moy souffert peine et injure,
Qui à ma seiche soif et à mon aspre faim
Donnastes de bon cœur vostre eau et vostre pain,
Venez, races du ciel, venez, esleus du pere ;
Vos pechez sont esteints, le juge est vostre frere,
Venez donc, bien-heureux, triompher à jamais
Au royaume éternel de victoire et de paix. »
. . . . . .
Le Soleil vest de noir le bel or de ses feux ;
Le bel œil de ce monde est privé de ses yeux,
L'ame de tant de fleurs n’est plus espanouye ;
Il n’y a plus de vie au principe de vie.
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au cœur il est frappé,
Ainsy faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au Soleil, cœur du monde,
La lune perd l’argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute estoille se meurt ; les prophetes fidelles
Du Destin vont souffrir eclypses eternelles.
. . . . . .
Criez après l’enfer, de l’enfer il ne sort
Que l’eternelle soif de l’impossible mort.
. . . . . .
Les jeux, les passe-temps et les esbats d’icy
N'estoient qu’amers chagrins, que colère et soucy
Et que gehenes, auprès ae la joye eternelle,
Qui sans trouble, sajis fin, sans change, renouvelle.
Là sans tache on verra les amitiés fleurir.
Les amours d’icy bas n’estoient rien que haïr
Auprès des hauts amours dont la saincte harmonie
Rend une ame de tous en un vouloir unie :
Tous nos parfaicts amours réduicts en un amour,
Comme nos plus beaux jours réduicts en un beau jour.
Les fleuves sont sechez, la grand mer se desrobe ;
Il falloit que la terre allast changer de robe.
Montagnes, vous sentez douleurs d’enfantemens ;
Vous fuyez comme agneaux, ô simples eslemens !
Cachez-vous, changez-vous ; rien mortel ne supporte
La voix de l’Eternel, sa voix puissante et forte.
Dieu paroist : le nuage entre luy et nos yeux
S’est tiré à l’escart, il s’est armé de feux ;
Le ciel neuf retentit du son de ses louanges ;
L’air n’est plus que rayons, tant il est semé d’anges.
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Qui se cache ? qui fuit devant les yeux de Dieu ?
Vous, Caïns fugitifs, où trouverez-vous lieu ?
Quand vous auriez les vents collez sous vos aisselles,
Ou quand l’aube du jour vous presteroit ses aisles,
Les monts vous ouvriroient le plus profond rocher,
Quand la nuict tascheroit en sa nuict vous cacher,
Vous enceindre, la mer, vous enlever, la nue,
Vous ne fuirez de Dieu ny le doigt ni la veue.
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« Vous qui m’avez vestu au temps de la froidure,
Vous qui avez pour moy souffert peine et injure,
Qui à ma seiche soif et à mon aspre faim
Donnastes de bon cœur vostre eau et vostre pain,
Venez, races du ciel, venez, esleus du pere ;
Vos pechez sont esteints, le juge est vostre frere,
Venez donc, bien-heureux, triompher à jamais
Au royaume éternel de victoire et de paix. »
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Le Soleil vest de noir le bel or de ses feux ;
Le bel œil de ce monde est privé de ses yeux,
L'ame de tant de fleurs n’est plus espanouye ;
Il n’y a plus de vie au principe de vie.
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au cœur il est frappé,
Ainsy faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au Soleil, cœur du monde,
La lune perd l’argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute estoille se meurt ; les prophetes fidelles
Du Destin vont souffrir eclypses eternelles.
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Criez après l’enfer, de l’enfer il ne sort
Que l’eternelle soif de l’impossible mort.
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Les jeux, les passe-temps et les esbats d’icy
N'estoient qu’amers chagrins, que colère et soucy
Et que gehenes, auprès ae la joye eternelle,
Qui sans trouble, sajis fin, sans change, renouvelle.
Là sans tache on verra les amitiés fleurir.
Les amours d’icy bas n’estoient rien que haïr
Auprès des hauts amours dont la saincte harmonie
Rend une ame de tous en un vouloir unie :
Tous nos parfaicts amours réduicts en un amour,
Comme nos plus beaux jours réduicts en un beau jour.
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