Le promenoir des deux amants
Auprès de cette grotte sombre
Où l’on respire un air si doux,
L’onde lutte avec les cailloux,
Et la lumière avecque l’ombre.
Ces flots lassés de l’exercice
Qu’ils ont fait dessus ce gravier,
Se reposent dans ce vivier
Où mourut autrefois Narcisse…
L’ombre de cette fleur vermeille
Et celle de ces joncs pendants
Paraissent être là dedans
Les songes de l’eau qui sommeille.
Les plus aimables influences
Qui rajeunissent l’univers,
Ont relevé ces tapis verts
De fleurs de toutes les nuances.
Dans ce bois ni dans ces montagnes
Jamais chasseur ne vint encor :
Si quelqu’un y sonne du cor,
C’est Diane avec ses compagnes.
Ce vieux chêne a des marques saintes :
Sans doute qui le couperait,
Le sang chaud en découlerait,
Et l’arbre pousserait des plaintes.
Ce rossignol, mélancolique
Du souvenir de son malheur,
Tâche de charmer sa douleur,
Mettant son histoire en musique.
Il reprend sa note première
Pour chanter, d’un art sans pareil,
Sous ce rameau que le soleil
À doré d’un trait de lumière.
Sur ce frêne deux tourterelles
S’entretiennent de leurs tourments,
Et font les doux appointements
De leurs amoureuses querelles…
Dans toutes ces routes divines,
Les nymphes dansent aux chansons,
Et donnent la grâce aux buissons
De porter des fleurs sans épines.
Jamais les vents ni le tonnerre
N’ont troublé la paix de ces lieux,
Et la complaisance des dieux
Y sourit toujours à la terre.
Crois mon conseil, chère Climène ;
Pour laisser arriver le soir,
Je te prie, allons nous asseoir
Sur le bord de cette fontaine.
N’ois-tu pas soupirer Zéphire,
De merveille et d’amour atteint,
Voyant des roses sur ton teint,
Qui ne sont pas de son Empire ?
Sa bouche, d’odeur toute pleine,
À soufflé sur notre chemin,
Mêlant un esprit de jasmin
À l’ambre de ta douce haleine.
Penche la tête sur cette onde
Dont le cristal paraît si noir ;
Je t’y veux faire apercevoir
L’objet le plus charmant du monde.
Tu ne dois pas être étonnée
Si, vivant sous tes douces lois,
J’appelle ces beaux yeux mes Rois,
Mes Astres et ma Destinée…
Vois mille Amours qui se vont prendre
Dans les filets de tes cheveux,
Et d’autres qui cachent leurs feux
Dessous une si belle cendre…
Je tremble en voyant ton visage
Flotter avecque mes désirs,
Tant j’ai de peur que mes soupirs
Ne lui fassent faire naufrage…
Veux-tu par un doux privilège
Me mettre au-dessus des humains ?
Fais-moi boire au creux de tes mains
Si l’eau n’en dissout point la neige…
Climène, ce baiser m’enivre,
Cet autre me rend tout transi.
Si je ne meurs de celui-ci,
Je ne suis pas digne de vivre.
Où l’on respire un air si doux,
L’onde lutte avec les cailloux,
Et la lumière avecque l’ombre.
Ces flots lassés de l’exercice
Qu’ils ont fait dessus ce gravier,
Se reposent dans ce vivier
Où mourut autrefois Narcisse…
L’ombre de cette fleur vermeille
Et celle de ces joncs pendants
Paraissent être là dedans
Les songes de l’eau qui sommeille.
Les plus aimables influences
Qui rajeunissent l’univers,
Ont relevé ces tapis verts
De fleurs de toutes les nuances.
Dans ce bois ni dans ces montagnes
Jamais chasseur ne vint encor :
Si quelqu’un y sonne du cor,
C’est Diane avec ses compagnes.
Ce vieux chêne a des marques saintes :
Sans doute qui le couperait,
Le sang chaud en découlerait,
Et l’arbre pousserait des plaintes.
Ce rossignol, mélancolique
Du souvenir de son malheur,
Tâche de charmer sa douleur,
Mettant son histoire en musique.
Il reprend sa note première
Pour chanter, d’un art sans pareil,
Sous ce rameau que le soleil
À doré d’un trait de lumière.
Sur ce frêne deux tourterelles
S’entretiennent de leurs tourments,
Et font les doux appointements
De leurs amoureuses querelles…
Dans toutes ces routes divines,
Les nymphes dansent aux chansons,
Et donnent la grâce aux buissons
De porter des fleurs sans épines.
Jamais les vents ni le tonnerre
N’ont troublé la paix de ces lieux,
Et la complaisance des dieux
Y sourit toujours à la terre.
Crois mon conseil, chère Climène ;
Pour laisser arriver le soir,
Je te prie, allons nous asseoir
Sur le bord de cette fontaine.
N’ois-tu pas soupirer Zéphire,
De merveille et d’amour atteint,
Voyant des roses sur ton teint,
Qui ne sont pas de son Empire ?
Sa bouche, d’odeur toute pleine,
À soufflé sur notre chemin,
Mêlant un esprit de jasmin
À l’ambre de ta douce haleine.
Penche la tête sur cette onde
Dont le cristal paraît si noir ;
Je t’y veux faire apercevoir
L’objet le plus charmant du monde.
Tu ne dois pas être étonnée
Si, vivant sous tes douces lois,
J’appelle ces beaux yeux mes Rois,
Mes Astres et ma Destinée…
Vois mille Amours qui se vont prendre
Dans les filets de tes cheveux,
Et d’autres qui cachent leurs feux
Dessous une si belle cendre…
Je tremble en voyant ton visage
Flotter avecque mes désirs,
Tant j’ai de peur que mes soupirs
Ne lui fassent faire naufrage…
Veux-tu par un doux privilège
Me mettre au-dessus des humains ?
Fais-moi boire au creux de tes mains
Si l’eau n’en dissout point la neige…
Climène, ce baiser m’enivre,
Cet autre me rend tout transi.
Si je ne meurs de celui-ci,
Je ne suis pas digne de vivre.
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