C’est la vierge fougueuse, enfant de la Bastille

C’est la vierge fougueuse, enfant de la Bastille,
Qui jadis, lorsqu’elle apparut
Avec son air hardi, ses allures de fille,
Cinq ans mit tout le peuple en rut ;
Qui, plus tard, entonnant une marche guerrière,
Lasse de ses premiers amants,
Jeta là son bonnet, et devint vivandière
D’un capitaine de vingt ans :
C’est cette femme, enfin, qui, toujours belle et nue,
Avec l’écharpe aux trois couleurs
Dans nos murs mitraillés tout à coup reparue,
Vient de sécher nos yeux en pleurs,
De remettre en trois jours une haute couronne
Aux mains des Français soulevés,
D’écraser une armée et de broyer un trône
Avec quelques tas de pavés.
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