Jamais je ne sus ce qu’est aimer, et je n’en veux
Pas plus apprendre, mes pensées sont ailleurs ;
Vous espéreriez en vain.
Je vous le dis : ôtez-en votre pensée,
Je n’y ai pas d’intérêt,
Un tel amour ne convient pas à une dame
Qui aime l’honneur. Que cela ne vous peine
Car ni vous ni un autre, je n’ai projet d’aimer.

Je pense bien me défendre d’un tel amour :
Grâce à Dieu, je ne serai pas prise
Dans les lacs amoureux, source pour les autres de malheur,
Communément. Je m’en suis abstenue,
Pour mon bien,
Depuis longtemps et m’en abstiens encore
Quel que soit celui qui m’en parle ou m’écrive lettre ou missive,
Car ni vous ni un autre, je n’ai projet d’aimer.

Je ne sais vous faire une autre réponse ;
Ne m’en parlez plus, je suis déjà lasse
De vous écouter, allez vous déclarer ailleurs
Car jamais ici votre requête ne sera reçue.
Qui l’ose
Fait une grande folie car un tel amour
Me déplaît ; nul n’arriverait à ses fins
Car ni vous ni un autre, je n’ai projet d’aimer.

N’y pensez plus, je vous le dis à nouveau
Car ni vous ni un autre, je n’ai projet d’aimer.
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