Fierté, sureté de joie séparée,
Triste penser, profond gémissement,
Angoisse grand en las cœur enserrée,
Courroux amer porté couvertement,
Morne maintien sans réjouissement,
Espoir dolent qui tous biens fait tarir,
Si sont en moi, sans partir nullement ;
Et si ne puis guérir ni mourir.

Souci, ennui, qui toujours a durée,
Apre veiller, tressaillir en dormant,
Labeur en vain, à chère alangourée
En grief travail infortunéement,
Et tout le mal qu’on peut entièrement
Dire et penser sans espoir de guérir,
Me tourmentent démesurément ;
Et si ne puis ni guérir ni mourir.

Prince, priez à Dieu que bien briefment
Me doint la mort, s’autrement secourir
Ne veut le mal où languis durement ;
Et si ne puis ni guérir ni mourir.
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