Épître à Ariste
Ne viens point troubler ma retraite,
J’ai su me faire, en ce séjour,
Une félicité parfaite.
J’ai tous les bons auteurs, des fleurs et ma musette,
Et j’y badine avec l’Amour.
Je ne me pare point des fleurs que m’offre un traître ;
Tu célébras ma fête, elle n’est plus pour toi.
J’étais fidèle, il fallait l’être,
Et je n’aurais jamais vécu que sous ta loi.
J’alarmai, dis-tu, ta tendresse
Par ma coquetterie et ma légèreté.
Aurais-je vu durer, deux lustres, ta faiblesse ;
Sans tes rivaux, mon inégalité ?
Avec tous les talents, la candeur, la jeunesse,
La beauté, même la sagesse,
On voit s’enfuir la volupté
Si l’on ne sait mêler, avec un peu d’adresse,
L’amour, la jalousie et la fidélité.
Un nœud formé par le caprice
Ne saurait subsister sans un peu d’artifice :
L’enfant ailé t’avait mis dans mes fers,
Aveugle garant de ta flamme !
Tes serments, sur son aile, ont passé dans les airs,
Et l’affreux souvenir en reste dans mon âme.
Tu n’étais point bizarre et n’étais que jaloux ;
Tu le dis… toi, jaloux ! un jaloux est sincère,
Et ta fierté m’a toujours fait mystère
De ce qui put allumer ton courroux.
Ah ! plût au ciel que souvent ta tendresse
T’eût fait faire l’aveu de ce défaut heureux !
L’Amour aurait comblé nos vœux
En éternisant notre ivresse.
Nos cœurs étaient également épris :
Nos soupçons ont troublé cette union si rare.
Quand elle a disparu, l’on en connaît le prix ;
Mais la nature en est avare.
Qui ? moi ? j’aurais rompu nos nœuds !
Ah ! tu savais trop bien me plaire !
Un vainqueur tel que toi n’est jamais malheureux
Quand il offre un amour sincère ;
Mais, être inconséquent, dissimulé, fougueux,
Il me fallait mourir ou devenir légère ;
Et le Ciel exauça mes vœux !
Tu me nommes cruelle et parles de tes larmes
Quand tu rampes sous d’autres lois !
Je dois me défier de tes perfides charmes ;
Quand on a su vaincre une fois,
On peut séduire avec les mêmes armes.
Quoi ! pour un infidèle oses-tu soupirer ?
Cœur lâche et que je désavoue ;
Peut-être à présent il te joue
Et ne voudrait que t’égarer.
J’ai su me faire, en ce séjour,
Une félicité parfaite.
J’ai tous les bons auteurs, des fleurs et ma musette,
Et j’y badine avec l’Amour.
Je ne me pare point des fleurs que m’offre un traître ;
Tu célébras ma fête, elle n’est plus pour toi.
J’étais fidèle, il fallait l’être,
Et je n’aurais jamais vécu que sous ta loi.
J’alarmai, dis-tu, ta tendresse
Par ma coquetterie et ma légèreté.
Aurais-je vu durer, deux lustres, ta faiblesse ;
Sans tes rivaux, mon inégalité ?
Avec tous les talents, la candeur, la jeunesse,
La beauté, même la sagesse,
On voit s’enfuir la volupté
Si l’on ne sait mêler, avec un peu d’adresse,
L’amour, la jalousie et la fidélité.
Un nœud formé par le caprice
Ne saurait subsister sans un peu d’artifice :
L’enfant ailé t’avait mis dans mes fers,
Aveugle garant de ta flamme !
Tes serments, sur son aile, ont passé dans les airs,
Et l’affreux souvenir en reste dans mon âme.
Tu n’étais point bizarre et n’étais que jaloux ;
Tu le dis… toi, jaloux ! un jaloux est sincère,
Et ta fierté m’a toujours fait mystère
De ce qui put allumer ton courroux.
Ah ! plût au ciel que souvent ta tendresse
T’eût fait faire l’aveu de ce défaut heureux !
L’Amour aurait comblé nos vœux
En éternisant notre ivresse.
Nos cœurs étaient également épris :
Nos soupçons ont troublé cette union si rare.
Quand elle a disparu, l’on en connaît le prix ;
Mais la nature en est avare.
Qui ? moi ? j’aurais rompu nos nœuds !
Ah ! tu savais trop bien me plaire !
Un vainqueur tel que toi n’est jamais malheureux
Quand il offre un amour sincère ;
Mais, être inconséquent, dissimulé, fougueux,
Il me fallait mourir ou devenir légère ;
Et le Ciel exauça mes vœux !
Tu me nommes cruelle et parles de tes larmes
Quand tu rampes sous d’autres lois !
Je dois me défier de tes perfides charmes ;
Quand on a su vaincre une fois,
On peut séduire avec les mêmes armes.
Quoi ! pour un infidèle oses-tu soupirer ?
Cœur lâche et que je désavoue ;
Peut-être à présent il te joue
Et ne voudrait que t’égarer.
Commentaires (0)
Se connecter
pour publier un commentaire.
Pas encore de commentaires. Soyez le premier à commenter.