A l’amour je retourne et contre je me vautre

A l’amour je retourne et contre je me vautre;
Ton lit sans fond écarte un glorieux sommet,
Chasse de mon esprit la chicane des autres,
Puisque souffrir d’amour, l’ange me le permet.

Tiens ton bel œil ouvert. Veille. Car je redoute
Ce sommeil machiné qui te transporte ailleurs.
Tu sais combien le mal à croire cher me coûte,
Mais quand tu dors je pense à des mondes meilleurs

Où tu vogues sans corps, sans air, sans paysage,
Et faisant de si loin tes lèvres remuer,
Et de si loin aussi sourire ton visage,
Que sur ces signes-là, je pourrais te tuer.
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