J’ay veu, Amour, (et tes beaulx traictz dorez

J’ay veu, Amour, (et tes beaulx traictz dorez
M’en soient tesmoings), suyvant ma souvereine,
Naistre les fleurs de l’infertile arene
Apres ses pas dignes d’estre adorez :

Phebus honteux ses cheveulx honorez
Cacher, alors que les vents par la plaine
Eparpilloient de leur souëfve halaine
Ceulx là qui sont de fin or colorez :

Puis s’en voler de chascun œil d’icelle
Jusques au ciel une vive etincelle,
Dont furent faictz deux astres clers et beaux,

Favorisans d’influences heureuses
(O feux divins ! o bienheureux flambeaulx !)
Tous cœurs bruslans aux flammes amoureuses.
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