La musagnœomachie
. . . . . .
Les scadrons aventureux
Des abeilles fremissantes
Forment leur miel savoureux
Des fleurs sans ordre naissantes
Par les plaines verdissantes.
Tel est le vol de mes vers,
Qui portent ces noms divers,
Discourant parmi le monde
D’une trace vagabonde.
Mais rien choisir je ne puis
Au grand thesor qui m’abonde,
Tant riche pauvre je suis.
Le grand visage des cieux,
Quand le char de la nuit erre,
Ne rit avecques tant d’yeux
A la face de la terre :
Et l’Inde riche n’enserre
Tant de perles et thesors,
Que la France dans son corps
Cache d’enfans poëtiques :
Qui en sonnez et cantiques,
Qui en tragiques sangloz
Font revivre les antiques
Au seing de la mort enclos.
. . . . . .
Je veux un arc elever
Sur deux colomnes Doriques,
Pour vostre gloire y graver
En cent moulures antiques.
Là, diront mile cantiques
Les jeunes, qui ont choisi
Le thesor presque moisi
De la vieille Poësie,
D’une honneste jalousie
Enflammez par la saveur
Qui distile en l’Ambrosie
De la royale faveur.
En ton nectar adouci,
Muse, enyvre ton eponge,
Pour desaigrir le souci
Qui la poitrine me ronge.
Les scadrons aventureux
Des abeilles fremissantes
Forment leur miel savoureux
Des fleurs sans ordre naissantes
Par les plaines verdissantes.
Tel est le vol de mes vers,
Qui portent ces noms divers,
Discourant parmi le monde
D’une trace vagabonde.
Mais rien choisir je ne puis
Au grand thesor qui m’abonde,
Tant riche pauvre je suis.
Le grand visage des cieux,
Quand le char de la nuit erre,
Ne rit avecques tant d’yeux
A la face de la terre :
Et l’Inde riche n’enserre
Tant de perles et thesors,
Que la France dans son corps
Cache d’enfans poëtiques :
Qui en sonnez et cantiques,
Qui en tragiques sangloz
Font revivre les antiques
Au seing de la mort enclos.
. . . . . .
Je veux un arc elever
Sur deux colomnes Doriques,
Pour vostre gloire y graver
En cent moulures antiques.
Là, diront mile cantiques
Les jeunes, qui ont choisi
Le thesor presque moisi
De la vieille Poësie,
D’une honneste jalousie
Enflammez par la saveur
Qui distile en l’Ambrosie
De la royale faveur.
En ton nectar adouci,
Muse, enyvre ton eponge,
Pour desaigrir le souci
Qui la poitrine me ronge.
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