CONSOLATION A Mlle DE SAINT-GERMAIN POUR LA MORT DE MADAME DE SAINT-ANGEL
. . . . . .
Ta perte, ta pitié pour quelque temps excuse
Ta douleur et tes pleurs,
Mais craignons que quelcun se vengeant ne t’accuse
De feindre ces douleurs.
Ils diront : Et à quoy servent ces vaines plaintes
Qu’enfin il faut finir ?
Belle, cessant tes pleurs, de ces cendres esteintes
Esteins le souvenir.
. . . . . .
Heureux de voyr encor après un long orage
Ce soleil désiré,
Plus heureux de trouver aprez un long naufrage
Un rivage asseuré !
. . . . . .
Ces larmes et ces cris ne la font point revivre
Estant morte icy bas,
Ny par eux tu ne puis rendre ton cœur delivre
De si cruels debats.
Tu les nommes cruels, renouvelant la playe
Sans la pouvoir guérir,
Te laissant à tousjours le seul plaisir pour paye
De desirer perir ;
Et perir tu ne puis, car ta peine plus forte
Est changée en plaisir :
Ton plaisir est pleurer et ton ame mi-morte
N’a que ce seul desir.
. . . . . .
Plainte qui chasque fois à tes yeux la renvoye
Esblouis de leur dueil,
Plainte qui te fait voir ton aimée et ta joye
Enfermée au cercueil.
Mais son ame est au ciel qui n’estant point humaine
Triumphe pour tousjours,
Triumphante au bonheur d’une vie certaine
D’avoyr parfaict son cours.
Donq’ que ton corps descende en la mort tenebreuse
Pour y voyr sa moitié,
Monte ton ame au Ciel plus bell’ et plus heureuse
Parfaire l’amitié.
. . . . . .
Ne prefere le bien d’une vie mortelle
A l’eternel sejour,
Ne mesprise le bien d’une vie eternelle
Pour ne l’avoyr qu’un jour.
. . . . . .
Fuyez, tiedes souspirs, et reprenez ces flammes
Qui decoroient ses yeux ;
Vos deux corps sont ça bas, et vos plus belles ames
Sont au Ciel glorieux.
Ta perte, ta pitié pour quelque temps excuse
Ta douleur et tes pleurs,
Mais craignons que quelcun se vengeant ne t’accuse
De feindre ces douleurs.
Ils diront : Et à quoy servent ces vaines plaintes
Qu’enfin il faut finir ?
Belle, cessant tes pleurs, de ces cendres esteintes
Esteins le souvenir.
. . . . . .
Heureux de voyr encor après un long orage
Ce soleil désiré,
Plus heureux de trouver aprez un long naufrage
Un rivage asseuré !
. . . . . .
Ces larmes et ces cris ne la font point revivre
Estant morte icy bas,
Ny par eux tu ne puis rendre ton cœur delivre
De si cruels debats.
Tu les nommes cruels, renouvelant la playe
Sans la pouvoir guérir,
Te laissant à tousjours le seul plaisir pour paye
De desirer perir ;
Et perir tu ne puis, car ta peine plus forte
Est changée en plaisir :
Ton plaisir est pleurer et ton ame mi-morte
N’a que ce seul desir.
. . . . . .
Plainte qui chasque fois à tes yeux la renvoye
Esblouis de leur dueil,
Plainte qui te fait voir ton aimée et ta joye
Enfermée au cercueil.
Mais son ame est au ciel qui n’estant point humaine
Triumphe pour tousjours,
Triumphante au bonheur d’une vie certaine
D’avoyr parfaict son cours.
Donq’ que ton corps descende en la mort tenebreuse
Pour y voyr sa moitié,
Monte ton ame au Ciel plus bell’ et plus heureuse
Parfaire l’amitié.
. . . . . .
Ne prefere le bien d’une vie mortelle
A l’eternel sejour,
Ne mesprise le bien d’une vie eternelle
Pour ne l’avoyr qu’un jour.
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Fuyez, tiedes souspirs, et reprenez ces flammes
Qui decoroient ses yeux ;
Vos deux corps sont ça bas, et vos plus belles ames
Sont au Ciel glorieux.
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