J’ay mille et mille fois baisé et rebaisé

J’ay mille et mille fois baisé et rebaisé
Le beau petit connin de ma gente Maistresse,
Je l’ay tant caressé de si douce caresse,
Que mon feu violent s’est un peu appaisé.

Mais si je suis un jour de son jour devisé,
Je brusle à petit feu ayant triste liesse ;
Car je pers maugré moy la feconde richesse,
Ce doux flux qui d’Amour a son nom déguisé.

Je ne fay, je ne dy, je ne pense, et ne songe
Qu’en elle toute en moy, qui toute en moy se plonge,
Sans elle les plaisirs deplaisent à mes yeux.

Sans elle je ne suis, je ne suis point sans elle,
Je suis comme en extase en un goulfre orgueilleux,
Il me faut donc pour estre, accompaigner ma Belle.
Partager

Commentaires (0)

Se connecter pour publier un commentaire.

Pas encore de commentaires. Soyez le premier à commenter.