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Le Testament
François Villon
1461
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Le Testament

1461

Ballade à son amie

Fausse beauté qui me coûte si cher,
Rude en fait, douceur hypocrite,
Amour plus dur que fer à mâcher,
Que je puis nommer, sûr de ma ruine,
Charme traître, mort d’un pauvre cœur,
Orgueil caché qui mène les gens au seuil de la mort,
Yeux sans pitié, le droit rigoureux ne veut-il pas,
Au lieu de l’accabler, secourir un malheureux ?

Il eût mieux valu pour moi être allé chercher
Ailleurs du secours, c’eût été mon honneur.
Rien ne m’eût su arracher à cet amour.
Il m’en faut trotter maintenant dans la fuite et le déshonneur.
Alarme, alarme, la grande et la petite !
Mais qu’est ceci ? Mourrai-je sans coup férir,
Ou pitié veut-elle selon ce refrain
Au lieu de l’accabler, secourir un malheureux ?

Un temps viendra qui fera dessécher,
Jaunir, flétrir votre fleur épanouie.
J’en rirais si je pouvais seulement mâcher
Alors ; mais non, ce serait donc une folie.
Je serai vieux, vous laide, sans couleur.
Buvez donc bien tant que court le ruisseau.
Ne donnez pas à tous cette douleur : il faut
Au lieu de l’accabler, secourir un malheureux.

Prince amoureux, le plus grand des amants,
Je ne voudrais pas encourir votre mauvaise grâce,
Mais tout noble cœur doit, par Notre Seigneur,
Au lieu de l’accabler, secourir un malheureux.

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Alcibiade ou Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant au bruit mené
Sur rivière ou sur étang,
À la beauté plus qu’humaine,
Mais où sont les neiges d’antan ?

Où est la très sage Héloïse
Pour qui fut châtré et se fit moine
Pierre Abélard à Saint-Denis ?
Par amour pour elle, il subit cette épreuve.
De même, où est la reine
Qui ordonna que Buridan
Fût jeté en un sac dans la Seine,
Mais où sont les neiges d’antan ?

La Reine blanche comme lys
Qui chantait d’une voix de sirène,
Berthe au pied d’oie, Béatrice, Alice,
Érembourg qui gouverna le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu’Anglais brûlèrent à Rouen,
Où sont-elles, où, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

Prince, vous ne sauriez demander où elles sont
Ni toute une semaine ni toute une année
Sans que je vous ramène à ce refrain :
Mais où sont les neiges d’antan ?

Ballade des proverbes

Tant gratte par terre la chèvre qu’elle est mal couchée ;
Tant va le pot à l’eau qu’il se brise ;
Tant chauffe-t-on le fer qu’il rougit,
Tant le martèle-t-on qu’il se brise ;
Autant vaut l’homme qu’on l’estime,
Tant l’éloigne-t-on qu’on en perd le souvenir,
Tant est-il mauvais qu’on le méprise ;
Tant crie-t-on Noël qu’il vient.

Tant parle-t-on qu’on se contredit ;
Autant vaut la renommée qu’une grâce acquise ;
Tant promet-on qu’on se dédit ;
Tant prie-t-on que la chose est acquise,
Plus elle est chère, plus elle est recherchée,
Tant la recherche-t-on qu’on l’obtient,
Plus elle est commune, moins elle est désirée ;
Tant crie-t-on Noël qu’il vient.

Tant aime-t-on un chien qu’on le nourrit ;
Tant court une chanson qu’elle est apprise ;
Tant garde-t-on un fruit qu’il pourrit ;
Tant attaque-t-on une place qu’elle est prise ;
Tant tarde-t-on qu’échoue l’entreprise ;
Tant se hâte-t-on que du mal en arrive ;
Tant embrasse-t-on que tombe la prise ;
Tant crie-t-on Noël qu’il vient.

Tant raille-t-on qu’on n’en rit plus ;
Tant dépense-t-on qu’on n’a plus de chemise,
Tant est-on généreux que tout y passe ;
Autant vaut « tiens ! » que chose promise ;
Tant aime-t-on Dieu qu’on suit la leçon de l’Église ;
Tant donne-t-on qu’il convient d’emprunter ;
Tant tourne le vent qu’il se change en bise ;
Tant crie-t-on Noël qu’il vient.

Prince, tant vit le fou qu’il devient sage,
Tant va-t-il qu’après il revient,
Tant le corrige-t-on qu’il se ravise,
Tant crie-t-on Noël qu’il vient.

Ballade des seigneurs du temps jadis

Plus encore, où est Calixte III,
Dernier à mourir de ce nom,
Qui tint quatre ans la papauté,
Alphonse, le roi d’Aragon,
L’agréable duc de Bourbon,
Et Arthur, le duc de Bretagne,
Et Charles VII, le vaillant ?
Mais où est le preux Charlemagne ?

De même, où est le roi d’Écosse,
Qui avait à ce qu’on dit la moitié
Du visage vermeille comme une améthyste
Du front jusqu’au menton,
Le roi de Chypre renommé,
Hélas ! et le vaillant roi d’Espagne,
Dont je ne sais pas le nom ?
Mais où est le preux Charlemagne ?

Je renonce à en parler davantage,
Tout n’est qu’illusion.
Il n’est personne qui résiste à la mort
Ou qui obtienne un sursis.
Lancelot, le roi de Bohême,
Où est-il ? Où est son aïeul ?
Mais où est le preux Charlemagne ?

Où est du Guesclin, le vaillant Breton,
Où le comte, dauphin d’Auvergne,
Et feu le vaillant duc d’Alençon ?
Mais où est le preux Charlemagne ?

Épître à ses amis

Ayez pitié, ayez pitié de moi,
Vous au moins, s’il vous plaît, mes amis !
Je gis dans une fosse, non sous des branches de houx ou d’églantier,
Dans ce lieu de relégation où m’a conduit
Fortune, comme Dieu l’a permis.
Filles qui aimez les jeunes gens nouveaux,
Danseurs, acrobates qui lancez le pied en arrière,
Vifs comme la flèche, acérés comme l’aiguillon,
Le gosier tintant clair comme des grelots,
Le laisserez-vous là, le pauvre Villon ?

Chanteurs chantant à plaisir, sans loi,
Galants rieurs, agréables en actes et en paroles,
Vagabonds allant sans or faux, sans pièces d’alliage,
Gens d’esprit, un peu insouciants,
Vous tardez trop, car lui meurt pendant ce temps.
Faiseurs de lais, de motets, de rondeaux,
Quand il sera mort, vous lui ferez des bouillons chauds !
Là où il gît n’entre ni éclair ni tempête ;
D’épais murs on lui a fait des bandeaux.
Le laisserez-vous là, le pauvre Villon ?

Venez le voir dans cet état pitoyable,
Nobles seigneurs, exempts de taxes et de dîmes,
Qui ne dépendez ni d’empereur ni de roi,
Mais seulement de Dieu de paradis ;
Il lui faut jeûner les dimanches et les mardis,
Ses dents en deviennent plus longues que des râteaux ;
Après le pain sec – et non des gâteaux –,
Il verse de l’eau à gros bouillon dans ses boyaux,
Par terre – il n’a ni table ni tréteaux.
Le laisserez-vous là, le pauvre Villon ?

Princes que j’ai nommés, vieux et jeunes,
Obtenez-moi des grâces et des sceaux royaux
Et hissez-moi en quelque panier.
Ainsi le font les uns pour les autres les pourceaux :
Quand l’un gémit, les autres accourent en troupeaux.
Le laisserez-vous là, le pauvre Villon ?

Filles sont très belles et gentes

Filles sont très belles et gentes,
Demourantes à Sainct-Genou,
Près Sainct-Julian des Voventes,
Marches de Bretaigne ou Poictou,
Mais je ne dy proprement où,
Or y pensez trestous les jours,
Car je ne suis mie si fou…
Je pense celer mes amours.

Item, à la grosse Margot

Item, à la grosse Margot,
Très doulce face et portraicture,
Foy que doy Brelare Bigod,
Assez devote creature.
Je l’ayme de propre nature,
Et elle moy, la doulce sade.
Qui la trouvera d’adventure,
Qu’on luy lise ceste Ballade.

L’Épitaphe Villon

Épitaphe en forme de ballade que fit Villon pour lui et ses compagnons s’attendant à être pendu avec eux.

Frères humains qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés cinq, six :
Quant à la chair que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Si frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis ;
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
À lui n’ayons que faire ni que soudre
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Le Testament

En l’an trentième de mon âge,
Que toutes mes hontes j’eus bues,
Ni du tout fol, ni du tout sage,
Nonobstant maintes peines eues,
Lesquelles j’ai toutes reçues
Sôus la main Thibault d’Aussigny…
S’évêque il est, seignant les rues,
Qu’il soit le mien je le regny.

Mon seigneur n’est ni mon évêque,
Sous lui ne tiens, s’il n’est en friche ;
Foi ne lui dois n’hommage avecque,
Je ne suis son serf ni sa biche.
Peu m’a d’une petite miche
Et de froide eau tout un été ;
Large ou étroit, moult me fut chiche
Tel lui soit Dieu qu’il m’a été !

Et s’aucun me voulait reprendre
Et dire que je le maudis,
Non fais, si bien le sait comprendre ;
En rien de lui je ne médis.
Voici tout le mal que j’en dis :
S’il m’a été misericors,
Jésus, le roi de Paradis,
Tel lui soit à l’âme et au corps !

Et s’été m’a dur et cruel
Trop plus que ci ne le raconte,
Je veux que le Dieu éternel
Lui soit donc semblable à ce compte…
Et l’Église nous dit et compte
Que prions pour nos ennemis !
Je vous dirai : « J’ai tort et honte,
Quoi qu’il m’ait fait, à Dieu remis ! »…

… Au temps qu’Alexandre régna,
Un nom nommé Diomedès
Devant lui on lui amena,
Engrillonné pouces et des
Comme un larron, car il fut des
Écumeurs que voyons courir ;
Si fut mis devant ce cadès,
Pour être jugé à mourir.

L’empereur si l’araisonna :
« Pourquoi es-tu larron en mer ? »
L’autre réponse lui donna :
« Pourquoi larron me fais nommer ?
Pour ce qu’on me voit écumer
En une petiote fuste ?
Si comme toi me pusse armer,
Comme toi empereur je fusse.

« Mais que veux-tu ? De ma fortune,
Contre qui ne puis bonnement,
Qui si faussement me fortune,
Me vient tout ce gouvernement.
Excuse-moi aucunement
Et sache qu’en grand’pauvreté,
— Ce mot se dit communément—,
Ne gît pas grande loyauté. »

Quand l’empereur eut remiré
De Diomedès tout le dit :
« Ta fortune je te muerai
Mauvaise en bonne », si lui dit.
Si fit-il. One puis ne méfit
À personne, mais fut vrai homme ;
Valère pour vrai le baudit,
Qui fut nommé le Grand à Rome.

Si Dieu m’eût donné rencontrer
Un autre piteux Alexandre
Qui m’eût fait en bonheur entrer,
Et lors qui m’eût vu condescendre
À mal, être ars et mis en cendre
Jugé me fusse de ma voix.
Nécessité fait gens méprendre
Et faim saillir le loup du bois.

Je plains le temps de ma jeunesse,
Auquel j’ai plus qu’autre gallé
Jusques à l’entrée de vieillesse
Qui son partement m’a celé.
Il ne s’en est à pied allé
N’a cheval : hélas ! comment don ?
Soudainement s’en est volé
Et ne m’a laissé quelque don.

Allé s’en est, et je demeure,
Pauvre de sens et de savoir,
Triste, failli, plus noir que meure,
Qui n’ai ni cens, rente, n’avoir :
Des miens le moindre, je dis voir,
De me désavouer s’avance,
Oubliant naturel devoir
Par faute d’un peu de chevance…

… Hé ! Dieu, si j’eusse étudié,
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié,
J’eusse maison et couche molle.
Mais quoi ? je fuyoie l’école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole
À peu que le cœur ne me fend…

… Mes jours s’en sont allés errant
Comme, dit Job, d’une touaille
Font les filets, quand tisserand
En son poing tient ardente paille.
Lors, s’il y a nul bout qui saille,
Soudainement il le ravit.
Je ne crains plus que rien m’assaille,
Car à la mort tout s’assouvit.

Où sont les gracieux galants
Que je suivais au temps jadis,
Si bien chantant, si bien parlant,
Si plaisants en faits et en dits ?
Les aucuns sont morts et raidis,
D’eux n’est-il plus rien maintenant :
Repos aient en paradis,
Et Dieu sauve le demeurant !

Et les autres sont devenus,
Dieu merci ! grands seigneurs et maîtres ;
Les autres mendient tout nus
Et pain ne voient qu’aux fenêtres ;
Les autres sont entrés en cloîtres
De Célestins et de Chartreux,
Bottés, housés com pêcheurs d’oîtres :
Voyez l’état divers d’entre eux.

Aux grands maîtres doint Dieu bien faire,
Vivant en paix et en requoi,
En eux il n’y a que refaire,
Si s’en fait bon taire tout coi.
Mais aux pauvres, qui n’ont de quoi,
Comme moi, Dieu doint patience !
Aux autres ne fault qui ne quoi,
Car assez ont pain et pitance.

… Pauvre je suis de ma jeunesse,
De pauvre et de petite extrace.
Mon père n’eut oncq grand richesse,
Ni son aïeul, nommé Horace.
Pauvreté tous nous suit et trace ;
Sur les tombeaux de mes ancêtres,
Les âmes desquels Dieu embrasse !
On n’y voit couronnes ni sceptres.

De pauvreté me guermentant,
Souventes fois me dit le cœur :
« Homme, ne te doulouse tant
Et ne démène tel douleur,
Si tu n’as tant qu’eut Jacques Cœur
Mieux vaut vivre sous gros bureau
Pauvre, qu’avoir été seigneur
Et pourrir sous riche tombeau ! »

Qu’avoir été seigneur ? Que dis ?
Seigneur, las ! et ne l’est-il mais ?
Selon les davitiques dits
Son lieu ne connaîtras jamais.
Quant au surplus, je m’en démets :
Il n’appartient à moi, pécheur ;
Aux théologiens le remets,
Car c’est office de prêcheur.

Je ne suis, bien le considère,
Fils d’ange portant diadème
D’étoile ni d’autre sidère.
Mon père est mort, Dieu en ait l’âme !
Quant est du corps, il gît sous lame.
J’entends que ma mère mourra,
Et le sait bien, la pauvre femme,
Et le fils pas ne demourra.

Je connais que pauvres et riches,
Sages et fols, prêtres et lais,
Nobles, vilains, larges et chiches,
Petits et grands, et beaux et laids,
Dames à rebrassés collets,
De quelconque condition,
Portant atours et bourrelets,
Mort saisit sans exception.

Et meure Paris ou Hélène,
Quiconque meurt, meurt à douleur
Telle qu’il perd vent et haleine ;
Son fiel se crève sur son cœur,
Puis sue, Dieu sait quelle sueur !
Et n’est qui de ses maux l’allège :
Car enfant n’a, frère ni sœur
Qui lors voudrait être son pleige.

La mort le fait frémir, pâlir,
Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir,
Jointes, et nerfs croître et étendre.
Corps féminin, qui tant es tendre,
Poli, souef, si précieux,
Te faudra-t-il ces maux attendre ?
Oui, ou tout vif aller es cieux.

Mort, j’appelle de ta rigueur

Mort, j’en appelle de ta rigueur,
Toi qui m’as ravi ma maîtresse
Et tu n’es pas encore rassasiée
Si tu ne me tiens en langueur.

Je n’eus plus jamais depuis force ni vigueur,
Mais en quoi te nuisait-elle en vie ?
Mort

Nous étions deux et n’avions qu’un cœur,
S’il est mort, il faut que je meure,
Ou en vérité que je vive sans vie,
Comme les images, par cœur.
Mort [etc.].

Poèmes divers

Or sont-ilz mortz, Dieu ayt leurs âmes

Or sont-ilz mortz, Dieu ayt leurs âmes,
Quant est des corps, ils sont pourriz.
Ayent esté seigneurs ou dames,
Souef et tendrement nourriz
De cresme, fromentée ou riz,
Leurs os sont declinez en pouldre,
Auxquelz ne chault d’esbat, ne riz…
Plaise au doulx Jésus les absouldre !

Premier, je donne ma pauvre ame

Premier, je donne ma pauvre ame
A la benoiste Trinité,
Et la commande à Nostre Dame,
Chambre de la divinité ;
Priant toute la charité
Des dignes neuf Ordres des cieulx,
Que par eulx soit ce don porté
Devant le Trosne precieux.
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