Liste des poèmes
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Nuit de l’Enfer
J’ai avalé une fameuse gorgée de poison. – Trois fois béni soit le conseil qui m’est arrivé! – Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme…
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
— C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé t…
O saisons, ô châteaux…
O saisons, ô châteaux,
Quelle âme est sans défauts ?
O saisons, ô châteaux,
J’ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n’élude.
O …
Ophélie
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
— On entend dan…
Oraison du soir
Je vis assis, tel qu’un ange aux mains d’un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L’hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l’air g…
Roman
I
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
— Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
— On va …
Soleil et chair
Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l’amour brûlant à la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et débo…
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent auto…
Ainsi, quand désertant sa bauge solitaire
Ainsi, quand désertant sa bauge solitaire,
Le sanglier, frappé de mort,
Est là, tout palpitant, étendu sur la terre
Et sous le soleil qui le mord ;
Lorsque, …
C’est la vierge fougueuse, enfant de la Bastille
C’est la vierge fougueuse, enfant de la Bastille,
Qui jadis, lorsqu’elle apparut
Avec son air hardi, ses allures de fille,
Cinq ans mit tout le peuple en rut ;
C’est que la Liberté n’est pas une comtesse
C’est que la Liberté n’est pas une comtesse
Du noble faubourg Saint-Germain.
Une femme qu’un cri fait tomber en faiblesse,
Qui met du blanc et du carmin :
C’…
L’idole
O Corse à cheveux plats ! que ta France était belle
Au grand soleil de messidor !
C’était une cavale indomptable et rebelle,
Sans frein d’acier ni rênes d’or ;
Le campo santo
. . . . . .
Heureux, oh ! bien heureux qui, dans un jour d’ivresse,
A pu faire au Seigneur le don de sa jeunesse,
Et qui, prenant la foi comme un bâton noueux,
À Victor Hugo
Comptons-nous ! il n’est plus permis d’être en arrière !
Comptons-nous ! ce temps sombre a besoin de lumière !
Ceux qui sont nés les chefs, les maîtres, les premiers,<…
Le sommeil
[…]
Les perdus, les absents, les morts que fait la vie,
Ces fantômes d’un jour si longuement pleurés,
Reparaissent en rêve avec leur voix amie,
Le piège étin…
Mon enfance
J’ai eu tort, je suis revenue dans cette ville au loin perdue
Où j’avais passé mon enfance
J’ai eu tort, j’ai voulu revoir le coteau où glissait le soir
Bleu et g…
J’ai subi un cruel tourment…
J’ai subi un cruel tourment
Pour un chevalier que j’ai connu
Et je veux que l’on sache à jamais
Combien je l’ai aimé avec passion.
Maintenant je vois que je …
Allo
Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin
mon ghetto d’iris noirs mon oreille de cristal
mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde-champêtre
Hymne des anciens combattants patriotes
Regardez comme je suis beau
J’ai chassé la taupe dans les Ardennes
pêché la sardine sur la côte belge
Je suis un ancien combattant
Si la Marne se jette…
Les jeunes filles torturées
Près d’une maison de soleil et de cheveux blancs
une forêt se découvre des facultés de tendresse
et un esprit sceptique
Où est le voyageur demande-t-elle
Les odeurs de l’amour
S’il est un plaisir
c’est bien celui de faire l’amour
le corps entouré de ficelles
les yeux clos par des lames de rasoir
Elle s’avance comme un lampion…
Mon cœur est si plein de joie…
Mon cœur est si plein de joie
Qu’il trompe Nature.
Le frimas, qu’est-il pour moi ?
Blanche fleur, jaune, vermeille.
Plus il vente, plus il pleut
Plus je…
Nuit et jour je médite
Nuit et jour je médite et pense et veille
Plains et soupire et puis m’apaise ;
Quand mieux m’advient j’en retire peine,
Mais une bonne attente m’éveille
Dont…
Grand arbre blanc
à l’Orient vieilli
la ruche est morte
le ciel n’est plus que cire sèche
sous la paille noircie
l’or s’est couvert de mousse
les dieux mouran…