Poèmes de ce thème
Silence
Alain Bosquet
Les silences d’andré du bouchet
(mé en 1924)
Dans l’obscurité du jour, tout n’est, sur cette
route, que chute, et éclats. Jusqu’d ce que le
soir ait fusé.
Dans l’obscurité du jour, tout n’est, sur cette
route, que chute, et éclats. Jusqu’d ce que le
soir ait fusé.
Pierre Jean Jouve
Le deluge
Ce qu’il y avait de plus vaste et de plus tranquille
De plus plein, de plus transparent
Sans bords
Kgal
Glauque et pacifique dans un verre
Sans parois et comme de l’huile assemblée au soleil
De la volonté divine, ce qu’il y avait
De plus aqueux en ce désert
Du calme,
Et ce qu’il y avait de plus heureux
Enfin dans cette punition parfaite
Du crime réduit, dormant, sans clapotement
Car l’eau ne se mélange pas avec l’esprit,
Ce qu’il y avait de plus beau à la massive morte lumière
Du Déluge,
Les montagnes ayant fondu de dix mille mètres
La fornication des villes tapissant les fonds de la mer,
C’était un rameau
Du silence, une nappe de silence
Un mouvement de silence
Posé ; une étendue non contrélée
De silence qui lui-même allait étre recouvert. C’était
Une colombe en gestation silencieuse
Qui viendra sur le toit
Avec un nouvel effet de silence.
POÉSIE, les Noces (le Père de la terre).
De plus plein, de plus transparent
Sans bords
Kgal
Glauque et pacifique dans un verre
Sans parois et comme de l’huile assemblée au soleil
De la volonté divine, ce qu’il y avait
De plus aqueux en ce désert
Du calme,
Et ce qu’il y avait de plus heureux
Enfin dans cette punition parfaite
Du crime réduit, dormant, sans clapotement
Car l’eau ne se mélange pas avec l’esprit,
Ce qu’il y avait de plus beau à la massive morte lumière
Du Déluge,
Les montagnes ayant fondu de dix mille mètres
La fornication des villes tapissant les fonds de la mer,
C’était un rameau
Du silence, une nappe de silence
Un mouvement de silence
Posé ; une étendue non contrélée
De silence qui lui-même allait étre recouvert. C’était
Une colombe en gestation silencieuse
Qui viendra sur le toit
Avec un nouvel effet de silence.
POÉSIE, les Noces (le Père de la terre).
Pontus de Tyard
Sonnet
Père du doux repos, Sommeil père du songe,
Maintenant que la nuit, d’une grande ombre obscure,
Faict à cet air serain humide couverture,
Viens, Sommeil desiré et dans mes yeux te plonge.
Ton absence, Sommeil, languissamment alonge,
Et me fait plus sentir la peine que j’endure.
Viens Sommeil, l’assoupir et la rendre moins dure,
Viens abuser mon mal de quelque doux mensonge.
Je le muet Silence un esquadron conduit,
De fantosmes ballans dessous l’aveugle nuict,
Tu me dedaignes seul qui te suis tant devot !
Viens, Sommeil désiré, m’environner la teste,
Car, d’un vœu non menteur, un bouquet je t’appreste
De ta chere morelle et de ton cher pavot.
Maintenant que la nuit, d’une grande ombre obscure,
Faict à cet air serain humide couverture,
Viens, Sommeil desiré et dans mes yeux te plonge.
Ton absence, Sommeil, languissamment alonge,
Et me fait plus sentir la peine que j’endure.
Viens Sommeil, l’assoupir et la rendre moins dure,
Viens abuser mon mal de quelque doux mensonge.
Je le muet Silence un esquadron conduit,
De fantosmes ballans dessous l’aveugle nuict,
Tu me dedaignes seul qui te suis tant devot !
Viens, Sommeil désiré, m’environner la teste,
Car, d’un vœu non menteur, un bouquet je t’appreste
De ta chere morelle et de ton cher pavot.