La douleur a fondu sur ma chair. La douleur
A passé renversant mon cerveau d’un coup d’aile.
Et je me suis battu seul a seule avec elle
Toute la nuit, sans voir, comme avec un voleur.

La douleur m’a jeté garrotté dans sa forge.
Elle m’a retourné les deux yeux à l’envers
Pour m’empécher d’y voir ; elle a tordu mes nerfs
Pour m’étrangler comme des cordes a ma gorge.

La douleur s’est ruée entre mes os disjoints
Pour me les arracher comme un torrent sauvage
Qui d’une eau forcenée emporte le rivage.
En vain, me débattant, je l’ai mordue aux poings.

Elle m’a pris, sans peine achevant sa conquête,
D’une main aux cheveux et de l’autre aux talons
Et sur les coins aigus d’invisibles moellons,
Longtemps, elle a tenté de me broyer la tête.

Et me voila gisant, mais je ne suis pas mort...
Prends garde a toi, douleur, a peine est-ce une trêve,
Prends garde à toi, douleur, déja je me relève,
Prends garde a toi, demain je serai le plus fort.

Prends garde a toi! Je t’empoignerai par les ailes,
Je te les casserai comme un bout de bois sec
Et les petits enfants s’amuseront avec.
Je te les briserai ces deux poignets rebelles,
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