Choses qui nous faites d’auméne
Choses qui nous faites d’auméne,
Aux jours que nous avons comptés,
En ce pays gris et d’automne
Dans les mois longs comme d’années,
Soleil ici pour commencer,
Qui parfois nous a dit l’été,
Arbres si souvent fraternels
D’abri mouvant les jours de pluie,
Et mer, elle, parfois cruelle,
Mais douce & ses heures aussi.
Justice ici vous soit rendue,
Vous qui nous faites de merci,
Choses qui nous avez aimés
Sur la grève, vêtus ou nus,
Quand de rancœur durs et fermés,
Yeux battants et bouche cousue,
C’était nous si lents et muets
Portant nos chagrins, nos regrets,
Et lors, et de tout revenus,
Souvent aigris, parfois mauvais.
Or choses ici de la plage
Avec lesquelles dans le vent
Nous avons vécu en ménage
En ce pays trop de marchands,
Choses qu’on n’achète et ne vend,
Lits tout faits et de sable blanc,
Avec nos bras pour traversin,
Pour bougie, en son temps la lune,
Et pour y boire et dans chacune,
Verres, les creux de nos deux mains ;
Choses aussi mais d’infortune,
Quand, hautes eaux, marée montait
En visites inopportunes
Noire d’embruns déménager
Et porter dans l’ajonc des dunes
Précaire un bien, sien qu’on croyait,
Choses alors, même en la pire,
Choses, ici, qui saviez rire,
Pour amender, pour apaiser,
En nous la colère montée,
Choses alors soyez louées,
Qui riiez pour nous consoler.
Aux jours que nous avons comptés,
En ce pays gris et d’automne
Dans les mois longs comme d’années,
Soleil ici pour commencer,
Qui parfois nous a dit l’été,
Arbres si souvent fraternels
D’abri mouvant les jours de pluie,
Et mer, elle, parfois cruelle,
Mais douce & ses heures aussi.
Justice ici vous soit rendue,
Vous qui nous faites de merci,
Choses qui nous avez aimés
Sur la grève, vêtus ou nus,
Quand de rancœur durs et fermés,
Yeux battants et bouche cousue,
C’était nous si lents et muets
Portant nos chagrins, nos regrets,
Et lors, et de tout revenus,
Souvent aigris, parfois mauvais.
Or choses ici de la plage
Avec lesquelles dans le vent
Nous avons vécu en ménage
En ce pays trop de marchands,
Choses qu’on n’achète et ne vend,
Lits tout faits et de sable blanc,
Avec nos bras pour traversin,
Pour bougie, en son temps la lune,
Et pour y boire et dans chacune,
Verres, les creux de nos deux mains ;
Choses aussi mais d’infortune,
Quand, hautes eaux, marée montait
En visites inopportunes
Noire d’embruns déménager
Et porter dans l’ajonc des dunes
Précaire un bien, sien qu’on croyait,
Choses alors, même en la pire,
Choses, ici, qui saviez rire,
Pour amender, pour apaiser,
En nous la colère montée,
Choses alors soyez louées,
Qui riiez pour nous consoler.
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