Cette la misére qu’on a eue
Cette la misére qu’on a eue,
C’est la peine qu’on a portée,
Ce sont des choses qu’on a tues
Parce qu’on ne pouvait parler,
C’est notre ame de réfugiés,
Frères, que nous avons vécue,
Toute de haine et de rancune,
Toute d’amour et de pitié,
Pendant des jours dont l’amertume,
Au fond du cœur nous est restée.
Frères, encor vous souvient-il,
Frères des mains, frères des pieds,
Lorsque toutes briélaient nos villes,
Et qu’on partait, et qu’on marchait,
Frères d’exode sur la route
Ou pieds saignants, yeux révulsés,
Bouche amère et clamant ses doutes,
Sous le ciel nous avons passé,
Frères, encor vous souvient-il,
Frères, de l’exode et l’exil ?
Choses du ciel et de la mer
Lointaines vers où nous marchions,
Choses dont nous avons souffert,
Pays de trafic et marchand,
Choses des hommes et du temps,
Villes d’exil, villes amères,
Frères, encor vous souvient-il,
— Nous avons eu froid si souvent —
Frères, des blancs hivers hostiles
En ce pays de tant de vent ?
Toits de toiles, vie transparente,
Dans un rond et nous alentour,
Nous avons dormi sous des tentes
Durant des nuits, durant des jours,
D’hiver et d’été longs d’attente,
Nous avons vécu sans amour,
Et yeux au loin, pensée absente,
— Frères, nos cœurs étaient si lourds —
De nos rancceurs faisant le compte,
Frères, vous souvient-il toujours ?
C’est la peine qu’on a portée,
Ce sont des choses qu’on a tues
Parce qu’on ne pouvait parler,
C’est notre ame de réfugiés,
Frères, que nous avons vécue,
Toute de haine et de rancune,
Toute d’amour et de pitié,
Pendant des jours dont l’amertume,
Au fond du cœur nous est restée.
Frères, encor vous souvient-il,
Frères des mains, frères des pieds,
Lorsque toutes briélaient nos villes,
Et qu’on partait, et qu’on marchait,
Frères d’exode sur la route
Ou pieds saignants, yeux révulsés,
Bouche amère et clamant ses doutes,
Sous le ciel nous avons passé,
Frères, encor vous souvient-il,
Frères, de l’exode et l’exil ?
Choses du ciel et de la mer
Lointaines vers où nous marchions,
Choses dont nous avons souffert,
Pays de trafic et marchand,
Choses des hommes et du temps,
Villes d’exil, villes amères,
Frères, encor vous souvient-il,
— Nous avons eu froid si souvent —
Frères, des blancs hivers hostiles
En ce pays de tant de vent ?
Toits de toiles, vie transparente,
Dans un rond et nous alentour,
Nous avons dormi sous des tentes
Durant des nuits, durant des jours,
D’hiver et d’été longs d’attente,
Nous avons vécu sans amour,
Et yeux au loin, pensée absente,
— Frères, nos cœurs étaient si lourds —
De nos rancceurs faisant le compte,
Frères, vous souvient-il toujours ?